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INSTRUCTION SECRETE
village qu’ori devra passer en se reti-rant, quelques hommes avec les che-vaux, uon pasles meilleurs, maisqu’ilssoient blancs, s’il est possible, afinqu’ils soient vus de loin, pour fairecroire ä l’ennemi qui poursuivra la pa-trouille qu’il y a lä quelques troupescachees; alors il ne poursuivra pasavec tant de chaleui, et la patrouillegagnera du temps et du terrain. Onpeut aussi laisser un trompette avec unhomme derriere une montagne ; ce-lui-ci, voyant la patrouille vivementpoursuivie, se montrera sur le som-met de la montagne; mais le trom-pette restera derriere et sonnera : parlä, on persuadera peut-etre ä l’enne-mi qu'il v a lä un renfort cachd. Ceuxqu’on aura laisses en arriere, voyantque ieurs camarades sont poursuivis,se montreront tantöt d’un cötd, tantötde l’autre, comme si ce n’etaient pasles mämes, et feront semblant d’ensortir pour voir ce qui se passe; ilspeuvent aussi tirer deux ou trois coups,comme voulant avertir un corps der-riere eux de l’approche de l’ennemi;mais lorsqu’ils verront la patrouilles’approcher d’eux, ils partiront d’a-vance. surtout si ces chevaux blancsne se trouvent pas par hasard aussibons que les autres. Si cetle ruse neleur reussit pas, et que i’ennemi lespoursuive toujours, l’ofiicier pourrafaire voltiger son monde, l’un d’uncötd, l’autre de l’autre, en leur assi-gnant une place pour le ralliement.Bes patrouilles semblables ne fuirontjamais, mais elles resteront ä chaquedefile ou pont, alin que les mauvaischevaux puissent gagner de l’avance,et que les autres reprennent haieine.En revanche, il faut la faire perdre äceux de l’ennemi qui poursuit, en nelui donnant jamais de reläche. Bbsqu’il s’approchera des defiles et des
ponts, il faut sc re tirer saus tnrder da-vantage, pour le laisser dans une cour-se continuelle, aßn de ne lui pas don-ner occasion de faire respirer se»chevaux. Si, dans ces rencontres. l’onpasse dans des villages ou sur des pon ts,et qu’on ne soit pas poursuivi de bienpres, l’on peut faire abattre les ponts,et ceux qui aurontles meilleurs chevauxboucheront l’entree des villages avecdes timons, ou avec ce que l’on pourrase procurer ä la häte, et s’il y a du bois,ils les fermeront tout-ä-fait. Les mieuxmontes ne manqueront pas de suivre,apres avoir arröte l’ennemi. Generale-ment, l’olficier fera son possible pourne point laisser prendre quelqu’un desa troupe mal ä piropo* et par sa ne-gligence, parce qiue dans les Chevau-legers il y a tous i<es jours de la dimi-nution ; il est facile d’avoir du monde,mais difficile d’avoir des hussards bienexerces. L’officier aura principalementsoin que ses gens ne s’arrötent dansaucun village devant les cabarets ouailleurs; mais il leur fera executerponetuellement les ordres dont il seraCharge.
Quand un officier est envoye ä depareilles expeditions, il evitera avec leplusgrand soin tous les villages, quandmcme son avant-garde les aurait fouil-les; mais s’il ne peut pas faire autre-ment, il agira ainsi que j’ai dit plus haut.Mais il ne se contentera pas de cela;il fera visiter toutes les maisons, gräti-ges et ecuries des paysans, pour voirsi l’ennemi ne s’y est point cache. Ilarrive souvent que celui-ci laisse pas-ser ainsi les patrouilleurs, leur coupela retraite, et les attaque par derriereavec avantage.
On placera deux hommes pour gar-der les defiles et les ponts qu’on auraä passer et ä repasser contre l’ennemi.Si l’officier tnarehe en avant, et que