Band 
Tome cinqième.
Seite
288
JPEG-Download
 

lXiitU'CTION SECKETE

268

pourrait le faire distinguer: il pourrase baisser, faisant semblant de travail-ler ä la terre comrae si c’6tait unpaysan. II regardera ainsi de tous cö-t£s sans preoccupation apparente. S’ilvoyait un dötachcment ennemi egal ausien, ou des Voltigeurs, il tombera toutä coup sur eux et fera des prisonniers:dans la premiere surprise il s’informe-ra de ce qui lui sera neccssaire, il leurpromettra de leur rendre la liberte,s’ils lui döcouvrentla verite; et s’ils neveulent pas, il les menacera de leurfaire bruler la cervelle. Cependant ilne s’en tiendra pas ä tout ce qu’ils luidiront et fera, autant qu’il lui sera pos-sible, ladifference du vrai et du faux,de peur d’adresser un rapport trop pre-cipitS, peu juste, et de s’attirer des re-proches.

Dans une teile occasion , l’officiers’armera de patience, et ne s’ennuierapas d’attendre, de peur d’allertrop viteen besogne et de tomber dans le piegequi lui aura 4t6 dresse.

Si, 6tant post6 ainsi, il voit venirälui des gens du cötö de l’ennemi, ilenverra un homme seid a leur rencon-tre par des chemins ddtournes et lesfera questionner; car, s’il y avait quel-ques partis qui eussent des vues surlui, et si cet homme etait envoyepromptementä la ddcouverte, le ddta-chement serait trahi.

En gdndral, on doitici se servir detoutes sortes de moyens qui ne vien-nent que de la ruse et de la presenced’esprit de l’officier.

Pendant les tdn^bres, on observe lam6me rdgle comme on l’a dit ci-devantdans l’article de la patrouille de nuit.L’officier epiera les gardes avanceesde l’ennemi pour tftcher de leur enle-ver quelques patrouilies; si cela ne luirdussit pas, il s’en approchera douce-mcfit, autant qu’il le pourra ä la fa-

veur des tdn&bres, et aussitöt que l’oncriera sur lui, il tombera dessus avecla derniere vitesse et enlevera ce quilui tombera sous les mains.

Si l’officier avait de ses gens quicomprissent la langue du pays ou del’ennemi, il les enverra devant du cötddes vedettes. Ils iront se dire deser-teurs, et pendant qu’ils rendrontcompte de choses indifferentes et d’u-sage, le detachement pourra s’appro-cher autant que possible.

Quand on va ä une expedition, l’onprend avec soi des gens surs. Il arrivetres souvent que le plus brave des sol-dats devient le plus poltron de peurde perdre son argent: quand on saitque quelque hussard ou dragon, de soncommando, en a sur lui, on lui persuadeavant de marcher de le deposer dansla caisse du regiment, en lui remet-tant un refu de la somme.

CHAPITRE VI.

Comment un offkier doit atlaquer la caralerleeunemie

S’il arrivait qu’un officier füt döta-chö avec trente, quarante, ou cin-quante chevaux pour patrouiller, oupour d’autres vues, et que dans sa routeil renconträt des cuirassiers ou des dra-gons ennemis, il fera son possible pourleur cacher sa force, et au commence-ment il ne se montrera qu’avec tri>speu de monde, pour remarquer aussibien le nombre que la contenance desennemis, et quoiqu’ils soient de lamoiti£ plus forts que lui, cela ne de-vraitpas Pempdcher de tenterun beaucoup.

O’est ä lui a juger s’ils viennent deloin et si, par la longueur de la route,leurs chevaux sont afl'aiblis. 1! exami-