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Tome cinqième.
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MEMOIRE!

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fites, masque vos grands corps, et faittels mouvemens qu'il veut saus fitreaperfu de vous, tandis qu’un corps demille liommes, place sur votre front,dans la position la plus couverte, lajnieux cnchee, la plus avanlagcuse detous points, ne peut manquer d’fitre vuet observfi. Ces detachemens doiventsoigneusement fiviter d’fitre rcncontressur les grands chemins, innis so jeterä couvert aux environs, dans les lieuxles plus commodes pour voir ce qui sepasse.

Les grands corps sont comme les ar-mfies ; üs sont trop occupfis ä couvrirleurs mouvemens pour avoir lo tempsd’observerceux des autres; ilseraignentd’fitre attaques, et toute leur attentionse porte ä prfiparer la dfifense; mais lespetits corps, leis que je les suppose,ne peuvent pas fitre attaques; car, dfisqu’ils voient uue force supfirieure ilss’en vont, et se jettent sur la droite ousur la gauche, oü ils peuvent; l’en-nemi les laisse aller faute de pouvoirles suivre.

Je poserai donc comme maximequeles troupes lfigeres, jetfies en avant del’armfie, ne sont pas lä pour combattre,mais pour guetter l’ennemi, pour ob-6erver ses moindres mouvemens, etenfaire passer ä temps l’avis ä l’armee.Si ces principes sont suivis, il faut fortpeu de cetteespece de troupes, et mfi-me on doit les employer encore utile-ment dans un jour de bataille.

Si j’ose me citer moi-mfime, je diraique, pendant toute la Campagne de1760, me trouvant ä la töte d’un corpsde deux cents Chasseurs et de centdragons, je me suis conslammcnt lenu»i prfis de l’armöe prussienne, que jene crois pas l’avoir perdue de vue uneheure, quoique I’armfie autricliienne,etle corps dont j’etais dfitache, fussent«Dnstammentfi deux outrois marches en

arrifire de moi; j’fifais toujours ä la vuede l’ennemi, il ne s’est pas passfi unjour peut-fitre sans escarmouche, etcependant, dans toute la Campagne, jen’ai pas eu vingt liommes tucs; unseul fut fait prisonnicr, parce qu’fitantreste derriere, il s’etait amuse ä boire.

Je ne donne pas ceci comme unepreuvedemon grand tofcnt militaire;aucontraire, je vcux fitablir seulementque rien n’est plus simple, et qu’iln’y a point d’homme de bon sens quin’en puisse fa ire autant, s’il a quel-que activile et quelque vigilance. Ondfitache trentc ou quarante Chasseursqui se placentpiar petits pelotons sfi-parfis de droite e(t de gauche d’un grandchemin couvert pnr u»ie haie , unbois, un pan de mur, etc. On jetteen avant une vingtaine* de cavaliersqui se separerit de nifirfle gn pelitestroupes de trois ou quntre; les plusavancees se poussent jusqu’ä une dis—tance teile qu’elles puissent voir pen-dant le jour, ou entendre, si c’est lanuit, tout ce qui vient du camp en-nemi: on s’ficarte un pcu du cheminet on ecoute; si on enlend venir,on se retire sansbruit derriere son in-fanterie et on attend : un ou deuxcoups de fusil tirfis par ceux-ci sur-prendront cctte troupe; si eile n’est pasforte, vous l’enveloppez et lafaites pri-sonnifire.

11 y a quelque chose de plus; vouspouvez toujours savoir quels sont leschemins par lesquels l’ennemi peutmarcher de son camp, et deviner ceuxqu’il tiendra : il faut placer un hoiruneintelligent a portee d’observer la mar-che au moment qu’elle commence,et juger par lä du point vers lequeleile sc porte. Toutcelaest facileä fairesi vous avez peu de monde, et quevous l’employiez comme nous l'avon»dit.