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Tome cinqième.
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MEMOIRES

nemi" qu’ä le chercher; pour accroitreencore cette inaclivite, le günüral et(es troupes semblent mettre toute leurconfiance dans 1’artillerie plutöt quedans la valeur des troupes, de sorteque le canon est devenu l’äme des ar-mees.

A la bataille de Prague , il y avaitcinq Cents gros canons, qui, suivantl’estimation la plus modüree, coütaientcertainement plus que n’auraient l'aitquarante mille fantassins, et l’utilitüne fut pas en proportion d’une si ex-cessive depense; je trouve trois de-fauts considerables ä cet abus de l’ar-tillerie : la depense enorme, la quan-titü de chcvaux necessaires ä ce Ser-vice, et la longueur que cela apportenecessairement aux mouvemens desarmües.

C’estdans Ies siüges que le gros ca-non est nücessaire, et qu’on n’en sau-rait trop avoir ; dans le reste des opü-rations d’une armüe, on en fait tropde cas: tous les chemins ne lui sontpas bons; il ne peut avancer avec laligne, et n’est bon qu’a favoriser ledüploiement des colonnes quand eilessortent de quelques defilüs pour semettre en ligne, et ä former des batte-ries contre quelques points d’attaque,ou enQn ä defendre des retranche-mens.

Si l’ennemi sait son mutier, il feramettre ventre ä terre ä ses gens, jus-qu’ä ce que vous soyez avance, et alorsil vous altaquera, ou bien il attendravotre approche; et dans ce cas, votreartillerie fera peu ou point d’elfet. Ilpeut aussi, par un mouvement vif, sejeter sur vos retranchemens, et les at-taquer l’üpee ä la main, ce qui rendravos canons inutiles. Quand une batte-rie est pointee sur un defile , on peutpresque toujours füviter en passant ädroite ou ä gauche.

Une bonne avant-garde, avt'L despifeces de Campagne, protegera pluscfficacement vos tütes de colonnes quetoutes les batteries du monde; etd’ailleurs, si votre defile est ä porteede l’ennemi, ne peut-il pas opposerartillerie ä artillerie, ou, ce qui seraitbeaucoup mieux, marcher vivement ävos bataillons et les attaquer? Du mo-ment qu’une batterie est approchee,son feu n’a plus d’effet.

Sur tout cela, je conclus que, quandvous avez dessein d’attendre l’ennemidans quelque bon poste, teile qu’uneforteresse, vous avez besoin de beau-coup de gros canon; mais que, d’a-prbs l’opinion oü nous sommes, quel’activitd est la premiere qualitö d’unearmee, et dans le systbme oü nousavons tout imaginü pour produire cetteactivitü en rütablissant l’usage de l’ar-me de main, qui rend toute espfeced’arme ä feu beaucoup moins utile,nous rejetons absolument cette prodi-gieuse quantilü d’artillerie, et nouspensonsquetrenteou quarante piöcesde douzesont plus que süffisantes pourune armee de cinquante mille hommes.

Vous ne trouvez peut-ütre pas darisdix campagnes une occasion oü le groscanon soit si necessaire, qu’on ne puisse lui supplüer aussi bien les picces deCampagne. Comme les troupes, ainsique je l'ai dit, ont une confiance ex-cessive dans 1’artillerie, c’est par ügardpour ce prejuge, trop enracinü, que jeconsens de laisser par bataillon unepiece de Campagne et sepi ou liuitobus, jusqu’ä ce que nos soldats sesoient habitues ä manier la pique, et afixer l’ennemi de pres; alors ils cora-prendront d’eux-mümes que 1’artille-rie, loin de leur ütre utile, appesan’itleur marche, et les retient exposAsplus long-temps au püril dont ils abr^-geraient beaucoup la duree, si laissant