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Tome cinqième.
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SCIENCE MJL1TAIRE.

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appela la Russie dans l’lngrie, dains laLivome, et en rassemblant ainsi sesmoyens ä une des extremites d>e sesEtats, il jeta dans la langueur le restede son empire. II voulut jouir de sonvivant; il negligea les fruits pour lesfleurs. S’il se füt moins presse de pren-dre part a la politique de l’Europe ; si,en attirant dans son pays les arts uti-les, il eüt repoussü ceux de luxe etde mollesse, si, au lieu de bätir desvilles, il eüt döfrichö des campagnes;si, par trop de frequentation avec lesötrangers, il n’eüt pas fait perdre ä sessujets cette äprete sauvage avec la-quelle ils eussent fait de grandes cho-ses; s’il n’eüt repandu sur sa nationque les lumieres necessaires pour aug-mente#«a force, et qu’il eüt habile-ment ülÄgnü celles qui pouvaient l’af-faiblir; si avec un pareil plan, il eütvecu plus long-temps, et que ses suc-cesseurs se fussent conduits par lesmömes principes, la Russie serait au-jourd’hui bien plus menacante et plusredoutable pour l’Europe . De ce vasteempire fussent peut-ötre sorties denos jours des peuplades endurcies etinvincibles, qui auraient change la facede nos contrees, ainsi que, des reser-voirs du Nord, se repandirent autre-fois ces flots de barbares qui inondö-rent l’empire romain. Ges peupladeseussent paru avec un Iangage, des ha-billemens, des armes, des moeurs, unemaniere de faire la guerre, qui, en toutou en partie, n’auraient pas ete lesndtres; et cet appareil nouveau eütsans doute contribue ä ses victoires.

Si l’Europe n’a plus ä craindre cestorrens devastatcurs qui la couvrirentautreföis de sang et de tenebres; si lesvices, qui minent tous ses gouverne-mens, semblent mettre une sorte d’ü-quilibre entre eux, les nations de cettepartie du monde, tantöt faibles, tan-

töt corrompues qu’elles sont, n’enjouissent pas de plus de tranquillite;car teile est leur miserable politique,que des haines nationales, des intürötsillusoires de commerce ou d’ambitionles divisent sans cesse; que müme, parles traites qui les pacifient, il restetoujours entre elles des germes de dis-cussions, qui, apres une tröve perio-dique, les arment de nouveau l’unecontre l’autre, et que, si leurs relationspolitiques ne leur fournissent pas depretextes de rupture, les caprices desministres, les vaines etiquettes, les pe-tites intrigues, dans lesquelles consis-tent aujourd’hui les negociations, enfont bientöt naitre des prötextes. Telest enfin le genre de guerre adoptepar toutes ces nations, qui consumeleurs forces et ne decide pas leurs que-relles; que, vainqueur ou vaincu, cha-cun, a la paix, rentre ä peu prös dansses anciennes limites; que de lä lesguerres, effrayant moins les gouver-nemens, en deviennent plus früquen-tes. Ce sont des athletes timides, cou-verts de plaies, et toujours armüs, quis’epuisent ä s’observer et ä se craindre,s'attaquent de temps en temps, pours en imposer mutuellement sur leursforces; rendent des combats faiblescomme eux; les suspendent quandleur sang coule, et conviennent d'unetreve pour essuyer leurs blessures.

Entre ces peuples, dont la faiblesseöternise les querelles, il se peut cepen-dant qu’un jour il v ait des guerresplus decisives et qui öbranlent les em-pires. La corruption, repandue sur lasurface de l’Europe , ne fait pas par-tout des progres egoux. Les diffüren-ces qui existent entre les gouverne-mens font que chez les uns, eile se dö-veloppe plus lentement, et chez lesautres, avec plus de rapidite. Le maldevient ensuite plus ou moins dange-