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Tome cinqième.
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POUTIQEE.

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le soildat, sous sesdrapeaux, continuantd’ütre malheureux et meprise; les ar-mees plus nombreuses dans la Propor-tion des nations qui les entretiennent,onereuses ä ces nations pendant lapaix, ne süffisant pas pour les rassurerä la guerre, parce que le reste du peu-ple n’est qu’uno multitude timide etamollie. II remarquera qu’on a faitquelques progres en tactique et surquelques autres branches de l’art mi-litaire; il admirera quelques morceauxde detail dans nos constitutions; le ge-nie du roi de Prasse, l’essort momen-tane qu’il a donne ä sa nation; mais ilse demandera oü se trouve une iniliceconstituee sur des principes solides?Oü est un peuple guerrier, ennemi duluxe, ami des travaux et porte ä lagloire par ses lois?

N'atlribuons en effet qu’en partie äla vigilance actuelle de tous les peuplessur lesdemarches de leurs voisins, ä lacorrespondance de toutes les cours, auSysteme d’equilibre ütabli en Europe ,l’impossibilite oü sont les nations des’etendre et de conquerir. Elle pro-vient bien plutöt de ce qu’aucune deces nations n’est decisivement supe-rieure aux autres par ses mceurs et saconstitation; de ce qu’elles sont toutescontenues dans leur sphere, par la fai-blesse et la ressemblance de leurs gou-vernemens.

Que peut-il resulter aujourd’hui denos guerres? Les Etats n’ont ni tresors,ni excedent de population. Leurs de-penses de paix sont dejä au-dessus deleurs recettes. Cependant on se declarela guerre. On entre en Campagne avecdes armees qu’on ne pcut ni recruter,ni payer. Yainqueur, ou vaincu, on s’6-puise ä peu pres egalement. La massedes dettes nationales s’accroit. Le cre-dit baisse. L’argent manque. Les flottesne trouvent plus de matelots, ni les ar-

inecs desoldals. Lesministres, de partet d’autre, sentent qu’il est temps denegocier. La paix se fait. Quelques co-loniesou provinces changent demaitre.Souvent la source des querelies n’estpas fermee, et chacun reste assis surses debris, occupe ä payer ses dettes etä aiguiser ses armes.

Mais supposons qu’il s’elevät en Eu-rope un peuple vigoureux de genie, demoyens et de gouvernement, un peu-ple qui joignit, a des vertus austereset ä une milice nationale, un plan fixed’agrandissement, qui ne perdit pasde vue ce Systeme, qui, sachant fairela guerre ä peu de frais et subsister parses victoires, ne füt pas reduit ä poserles armes par des «calculs de finances.On verrait ce peuple subjuguer sesvoisins, et renverser nos faibles cons-titutions comme l’aquilon plie de freiesroseaux.

Ce peuple ne s’elevera pas, parcequ’il ne reste en Europe aucune na-tion ä la fois puissante et neuve. Elless’assimilent et se corrompen t toutes,de proche en proche; eiles o nt toutesdes gouvernemens destructifs des sen-timens de patriotisme et de vertu. Lors-que la corruption a fait de tels progres,lorsqu’elle a attaque les principes desadministrations, les administrateurs,les cours des souverains, les bcrceauxde leurs enfans, il est presque impos-sible d’esperer une regeneration. Leslieux d’oü eile pourrait venir sont lesfoyers du mal. Un seul peuple etait,au commencement de ce siede, enPosition de devenir redoutable; sonsouverain, qui etait un grand homme,mais qu’on admire peut-ütre trop, n’ena pas profite. Une fausse politique futla base de son Systeme. Il se Mta tropde polir sa nation; il fit entrer dansses Etats tous les arts de l’Europe ; et,avec les arts, il introduisit les viees. Il