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Tome cinqième.
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366 POLITIQÜE .

est entre les mains d’un seul, et dontpar consequent les principes doiventvarier, non seulement ä tous les chan-gemens de regne, mais m6me 4 tousles changcmens de ministere, ä toutesles rpvolutions qui se font dans les ca-racteres, les passions, l’esprit, l’4ge, lasante des souverains et de leurs minis-tres; a un gouvernemcnt qui, par con-sdquent, tour-ä tour vigoureux, faible,eclaire, ignorant, doit tour-ä-tour s’e-lever, s’abaisser, se relever, d4cliner etflnir, dans toutes ses secousses convul-1 sives et irrögulieres, par perdre sonressort, se briser et s’aneantir.

La politique, teile qu’elle s’offre 4mes idees, est l’art de gouverner lespeuples; et, envisagde sous ce vastepoint de vue, eile est la Science la plusinteressante qui existe. Elle doit avoirpour objet de rendre une nation heu-reuse au dedanset de la faire respecterau dchors. De lä, eile se divise naturel-lement en deux parties: politique inti-rieure et polilique extirieure.

La premiere sert de base 4 la se-conde. Tout ce qui prepare le bon-heur et la puissance d’une socidtd, estde son ressort: lois, moeurs, coutumes,prejugds, esprit national, justice, po-lice, population, agriculture, com-merce, revenus de la nation, ddpensesdu gouvernement, impöts, applicationde leur produit; il faut qu’elle voietous ces objets avec gdnie et reflexion;qu’elle s’dleve au-dessus d’eux, pourapercevoir les rapports generaux etFinfluence qui les lient les uns aux,autres; qu’elle s’en rapproche ensuite,pour les observer et en suivre les de-tails; qu’elle ne s’occupe d’aucun ex-clusivement aux autres parce qu’en po-litique, ce qui fait fleurir trop, ou troptöt une branche, 6puise souvent et faitlanguir le rameau voisin, ou une autrebrauche 41oign6e. 11 faut, en un mot,

qu’elle conduise de front toutes lesparties de l’administration; et, pourcela, qu’elle se forme un Systeme gd-ndral; qu’elle l’ait sans cesse devantsoi, portant tour-a-tour les yeux surlui, pour d6terminer les operationsqu’il exige, sur le produit de ces opd-rations, pour voir s’il concourt a l’ex6-cution du plan general.

Tandis que la politique interieureprepare ainsi et perfectionne tous lesmovens du dedans, la politique exte-rieure examine ce que le rdsullat deces moyens peut donner ä l’Etat deforce et de consideration au dehors;et eile determine sur cela son Systeme.C’est ä eile ö connaltre les rapports detoute espece qui lient sa nation avecles autres peuples; a demGler les int6-röls illusoires et apparens d’avec lesint^röts reels; les alliances qui ne peu-vent ötre que passageres et infrue-tueuses d’avec ces liaisons utiles etpermanentes que diclent la posltiontopographique ou les avanlages res-pectifs des contractans. C’est ä eile äcalculer ensuite les forces militairesdont l’Etat a besoin pour en imposer äses voisins, pour donner du poids ä sesnegociations. G’est ä eile a constituerses forces militaires relativement augenie et aux moyens de la nation, ä lesconstituer surtout de manifere qu’ellesne soient pas au- dessus de ses moyens,parce qu’alors eiles 6puisent l’Etat, etne lui donnent qu’une puissance fac-tice et ruineuse. C’est ä eile 4 y intra-duire le meilleur esprit, le plus grandcourage, la plus savante discipline,parce qu’alors eiles peuventötre moinsnombreuses, et que cette reduction denombre est un söulagement pour lespeuples. II me semble enfin entendrela politique interieure, quand eile aprepare le dedans de l’Etat, disant 4 lapolitique extfrienre: « Je vous remets