SCIENCE MIL1TA1RK.
867
» une nation heureuse et puissante; ses<»campagnes sont fecondes,ses den-» rees sont plus que süffisantes ä ses;» besoins, la population y est nora-» breuse et encouragee, les bis y sont» respectees, les moeurs y sont pures,»le vice s’y cache, la vertu s’y montre»et n’attend que d’ötre employee.» Aclievez raon ouvrage, faites consi-» derer au dehorsce peupleque je rends» heureux au dedans. Mettez ä profit» ce patriotismeque j’ai fait naitre dans»tous les coeurs, ces vertus guerrieres» dont j’ai fdconde le germe, formez» des düfenseurs ü ces moissons; que» leur produit, qui n’est point absorbe» par mes impöts, ne soit point devorü» par des armees ütrangeres; appelez»les ütrangers dans ses ports. Ouvrez»des debouchesäson commerce. Ren-» dez son alliance precieuse. Faites re-» douter ses armes et jamais son am-»bition. »
La politiqne intürieure ayant ainsiprepare une nation, quelles facilitds netrouve pas la politique exterieure ä«äöterminer le Systeme de ses interütsvis-ä-vis de l’etranger ä former unemilice redoutable! Qu’il est ais6 d’avoirdes armees invincibles dans un Etat oüles sujets sont cito^ens, oü ils chüris-sentle gouvernement, oü ils aiment lagloire, oü ils ne craignent point lestravauxl Qu’une nation devenue puis-sante par ses ressources intürieuresdoit en retirer de consideration au de-hors! Qu’alors ses nügociations dimi-nuent de complication et acquierentde poids! Que sa maniere de les con-duire pcut devenir franche et ouverte!C'est la faiblesse de nos gouvernemensqui apporte dans leurs nügociationstant d’obliquitü et de mauvaise loi.C’est eile qui fomente la division entrelespeuples, quitäche de corromprere-ciproquement les membres des admi-
nistrations. C’estelle qui fait que toutesles n ations se surveillent en tre elles pardesvoiesque l’on n’ose avouer; queles unes soudoient les autres; qu’ellesachätent la paix; qu’elles se suscitentmutuellement des troubles et des em-barras. C’est eile qui dicte ces rivalitüsen tout genre, basses et nuisiblei; cetempietement perpetuel du commerced’une nation sur le commerce del’autre; ces bis prohibitives, ces droitsqui repoussent l’etranger, ces traitesqui favorisent une nation au prüjudicedes autres; ces calculs chimeriques debalance, d’exportation et d’importa-tion; moyens miserables et compliquesqui, au bout d’un siede, n’ont rienajoute ä la puissance du gouvernementqui lesa le plus adroitement employüs.C’est la faiblesse de nos gouvernemens,en un mot, quicraint laprosperite desautres nations, qui voudrait toutes lesaflaiblir ou les corrompre; politiquesemblable ä celle qui leur fait affaiblirou corrompre leurs propres sujets; po-litique bien differente de celle d’twibon gouvernement qui, sans chercherä contrarier le bonheur et la puissancede ses voisins, tächerait de s’deverau-dessus d’eux par sa vigueur et parses vertus.
C’est de mßme la faiblesse de nosgouvernemens qui rend nos constitu-tions militaires si imparfaites et si rui-neuses. C’est eile qui, ne pouvant fairedes armees citoyennes, les fait si nom-breuses. C’est eile qui, ne sachant lesrecompenser par l’honneur, les paieavec de l’qr. C’est eile qui, ne pouvantcompter sur le courage et la fidelitedes peuples, parce que les peuples sontenervüs et möcontens, fait acheter audeliors des milices stipendiaires. C’esteile qui hürisse les frontieres de places.C’est eile enfln qui est occupüe ä etein-dre les vertus guerrieres dans les na-