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POUTIQÜE.
tant de peupves; inais eue n’est pointirrösistible. Elle ne fait point partie dece fatalisme qui sans cesse dötruit etreproduit l’univers. Qu’un bon gou-vernement soit la base d’un empire,qu’il sache maintenir ses principes,l’Etat s’ölövera toujours jusqu’ä ce qu’ilait atteint le point de son ascendance,oü est sa plus grande force. Si ce gou-vernement est assez habile pour de-möler ce point, par-dela lequel sonElevation ne ferait que l’affaiblir; s’ilsait l’y arröter, s’il sait toujours l’ysoutenir, l’Etat, fixd ä ce falte de puis-sance, et inebranlablement alfermi surla mer orageuse des destins, pourravoir les övenemens et les siöcles sebriser ä ses pieds.
0 ma patrie ! ce tableau ne sera peut-6tre pas toujours un röve fantaslique.Tu peux le realiser; tu peux devenircet Etat fortune. Un jour peut-ötre,echappant aux vices de son siede, etplace dans des circonstances plus fa-vorables, il s’dbvera sur son tröne unprince qui operera cette grande Evo-lution. Dans les ecrits de quelques-unsde mes concitoyens, dans les mienspeut-ötre, il en puisera le dösir et lesraoyens. Il changera nos moeurs, il re-trempera nos ämes, il redonnera duressort au gouvernement, il portera leflambeau de la verite dans toutes lesparties de l’administration; il substi-tuera, ä notre politique ötroite, com-pliquöe, la Science vaste et sublimeque j’ai tentö de peindre. Alors s’eva-nouiront ces fausses lumieres qui nousegarent, ce,‘ petits talens que nous ho-norons du nom de gdnie, ces prejugesque nous appelons des principes. Alorss’ecroulera le Systeme monstrueux etcomplique de nos lois, de nos finances,de notre milice. Alors s’aneantiront,devant cet liomme superieur, les re-pulations de ces souverains qu’on a
encenses, <re ces mrnrstres qu’on acrus des hommes d’Etat. 11 rendra lanation ce qu’elle peut devenir. Enfin,ayant mis le comble ä sa prosperite,ne pouvant plus y ajouter qu’en larendant durable, il changera lui-mßmela forme du gouvernement. 11 appel-lera autour du tröne ses peuples, de—venus ses enfans. 11 leur dira : « Je» veux vous rendre heureux apres moi.»Je vous remets des droits trop eten-» dus, dont je n’ai point abusö, etdont» je ne veux pas que mes successeurs» abusent. Je vous appelle ä partager» avec moi le gouvernement. Je me» reserve les honneurs de la couronne,» le droit de vous proposer des lois sa-» ges, le pouvoir de les faire exöcuter,» quand vous les aurez ratifiöes, l’au-» toritö absolue, la dictature perpö—» tuelle, dans toutes les crises qui me-» naceront l’Etat. Yoici les Statuts de» ce gouvernement nouveau; voici ses» lois : je ne veux plus regner que se-» Ion eiles etpar elles. Que ma famille,» qui va jurer avec moi, me succede ä» cesconditions. Recevez nossermens,» comme nous allons recevoir les vötres.» Si de partou d’autre,ilyades infrac-» teurs, les lois seront leurs juges. »Quelle politique, que celle qui die—terait ä un roi tout-puissant cette re-solution magnanime! Eh! croit-on quece roi et ses successeurs en fussentmoins heureux, en eussent moins d’au-torite? Ce premier createur d’un peu-ple nouveau serait adore de son ou-vrage. Ses successeurs, tant qu’ils se-raient vertueux, regneraient par leSouvenir de leur ancötre, par l’eviden-ce du bien, par le despotisme des lois,le seul qui affermisse les trönes, qui nedögrade pas les peuples; le seul quisoit fait pour les jours de lumiere et dePhilosophie , qui commencent ä se ie-ver sur nos tßtes.