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rOJLlTIQUE.
Mais ce qu’il y a de certain , c'est quesous eux l’art militaire reprit nais-sance, et que l’Europe , etonnee , dütcrier au miracle, quand eile vit lestroupes, le cairif) et les succes de Gus-tave.
Apres sa mort, Bannier, Gassion,Veimar, Turenne, Montecuculi com-battirent d’aprös ses principes. L’art mi-litaire lit,sur quelques poiuts encore, denouveaux progres. Ce fut le temps desgrands generaux , commadant de pe-tites armees, et faisant de grandes cho-ses. Maislatactique resta dans l’enfan-ce. II semblait qu’on n’osät pas perdrede vue les ancienues institutions. Oncraignit de s’egarcr eu s’ecartant del’ordonnance des auciens. On conservales piques. On continua de croire quela force de l’infanterie consistait dansla densite de son ordre et dans son im-pulsion. On cita toujours les anciens,et on ne s’aper^ut pas que deux milleans s’etaient ecoules entre les ancienset nous; qu’il fallait d'autres principes,parce que les armes, les constitutions,et surtout la trempe des ämes, n’e-taient plus les mömes.
Le seiziöme siöcle et le commence-ment de celui-ci eclairerent de plus enplus l’Europe sur quelques branchesde la guerre; mais sur d’autres ils lalaisserent ou la rejeterent dans les te-nebres. Cohorn et Vauban perfection-nerent l’attaque des places. Nous fümescreateurs en ce genre; et, quoi qu’onen dise, bien superieurs aux anciens.L’art de la defense ne fit pas les mö-mes progres, soit parce que le courageavait baisse, et que le courage est levcritable rempart des places, soitparce qu’on ne röflöchit pas assez qu’iln’yadebonne döfense quecelle quiest offensive et qui multiplie les obs-lacles sur les pas des assiegeans. M. deOhamilli defendit Graves suivant ce
principe, et il a eu peu d’imitateurs.
II se fit en möme temps, ä d’autresegards, des cliangemens bien mal en-tendus, bien funestes a l’humanite etä la perfection de la Science militaire.On eut, par exemple, des armees beau-coup plus nombreuses; on multiplia pro-digieusement l’artillerie. Louis XIV ,qui en donna l’exemple n’y gagnarien. II ne fit qu'engager l’Europe äl’imiter. Les armees, moins faciles ämouvoir et ä nourrir, en devinrentplus diflieiles ä commander. Condö,Luxembourg, Eugene, Catinat , Ven-döme, Yillars , par l’ascendant de leurgenie, surent remuer ces masses; maisYilleroi, Marsin, Cumberland et tuntd’autres resterent ecrases sous eiles.Eh! comment les auraient-ils condui-tes? Les grands hommes dont je viensde parier, n’introduisirent dans les ar-mees, ni Organisation , ni tactique. Ilsne laisserent point de principes apreseux. Peut-ötre meme, j’ose le dire,agirent-ils souvent par instinct plutötque par meditation. De la, il ne pou-vait pas se former de generaux souseux; de lä, quand le gönie de ces hom-mes privilegies ne marchait plus ä latöte des armees, on tombait dans lanuit de l’ignorance. On accusait alorsla fortune, la naturc, la döcadence dusiede, de la rarete desbonsgeneraux.Il fallait bien qu’en s’en pritä ces causeschimeriqucs. On regardait presque en-tierement la Science du commande-ment comme un don inne, comme unprösent du ciel. On imaginait ä peineque l’education et l’etude fussentnecessaires. La Science de la guerren’etait developpee dans aucun ouvraged’une maniere lumineuse. La tactique,surtout, consistait dans une routineetroite et bornee. Le marechal de Puy-segur avait posö quelques principes aumilieu de beaucoup d’erreurs; mais il