SCIENCE MIUTAIRE.
Vandales, attaquörent l’empire; ilsvinrent avec le nombre et Je courage;et on ne leur opposa ni le courage quisuppige quelquefoisä la discipline, nini la discipline qui peut suppleer aucourage. L’empire ne futplus, pendantun siede et demi, qu’un colosse lan-guissant et abattu dont chacun s’arra-cha les döpouilles; et, ce qu’il y eut deremarquable, c’est que ccs Romainsavilis appelaient barbares les peuplesqui les subjugaient; etrange aveugle-ment d’une nation qui, de son an-cienne splendeur, n’avait conserve quel’orgueil de scs a'ieux, et qui faisaitconsister sa grandeur dans son iuxe etses theätres.
II ne resta plus bientöt ä l’universque le souvenir de cette puissance quil’avait enehaine. Les papes s’assirentsur le tröne de Rome ; les Turcs surceiui de Constantinople . L’art mili-taire, dejä presque ignore dass ladecadence du bas-empire, se per-dit entierement sous ses ruines, etne reparut en Europe que plusieurssiecles apres. Pendant tout cet Inter-valle , ainsi que durant les siecles quile precederent, l’Europe fut sans tac-tique, sans discipline et presque sanstroupes reglees. L’anarchie des gou-vernemens, la tyrannie des seigneursfeodaux, l’ignorance generale, l’op-pression spirituelle qu’exerfail le clergeempöchaient les arts de renaitre. Tousles livres des anciens etaient entre lesmains des prelres, et ces pretresavaient iritöröt ä maintenir l’Europe dans les tenebres. Elles faisaient leurgrandeur.
Qu’offre ä nos yeux l'histoire desPremiers siecles de notre monarchie etde tous les Etats actuels? Des emigra-tionsde Goths battues par Clovis ouparMerovöe,qui allaient au-devant d’ellesavec des laboureurs rassembles pour
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quinze jours seulement; des Germainset des Saxons subjuguös par Charie-magne, parce qu’il etait plus brave ecpluspuissantqu’eux ;les incursionsuesNormands , heritiers du courage et del’indiscipline des Vandales leursaieux;partout des armees sans ordre et sansScience; des batailles gagnöes par iehasard ou par la valeur, et jamais parla discipline; des conquötes rapidescorame des lorrens, et surtout devas-tatrices comme eux. Un prince qui au-rait paru alors avec du genie et debonnes troupes eüt soumis l’Europe .Voyez ce que fit Gustave avec vingt-cinq mille Suedois, dans un temps oueile entrevoyait deja le crepuscule de "arenaissance des arts.
La decouverte de la poudre ne per-fectionna pas l’art militaire. Elle ne fitque fournir de nouveaux moyens dedestruclion, et porter ledernier coup äla chevalerie,Institution que nos sieclesde lumieres doivent envier ä ces tempsd’ignorance! Les armes ä feu retarde-rent möme vraisemblablement le pro-gres de la taclique, parce qu’alors lesarmees s’approchereut moins, et qu’ilenlra encore plus de hasard et moinsde combinaisons dans les batailles.
Gustave et Nassau parurent enfm.L’un combaltait pour la liberte de sonpays, l’autre pour l’amour de la gloire.Tousdeux etudierent fantiquile. Tousdeux chercherent, dans les debrisdes siecles les vestiges epars de latactique et de la discipline. Peut-ölre,admirateurs outres des anciens, en ap-pliquerent-jls trop servilement lesprincipes aux temps oü ils vecurent etaux armes en usage alors. Peut-Ötreretarderent-ils par lä nos progres, parceque leur autorile fut long-temps deci-sive, pour le siede suivant, parcequ’elle soutint long-temps le p»vv|igedes piques et de l’ordre de profondeur.