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Tome cinqième.
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384 PoiiTiorK.

uvale, quand eile sera repamlue ä laIbis sur les grands et sur los petits, surles trönes et sur les peuples; quand lesgouvernemens seront en möme tempsindruits et vigoureux; quand la lu-miere nous viendra d’eux, comme eiledeseend des astres qui sont sur noslötes, la terre sera heureuse; eile bö-nira ses gouvernemens comme ces as-tres bienfaisans qui la fecondent et quil’eclairent.

Je reviens ä mon objet. Ce ne sontpas les arts et les Sciences qui ont faitdöchoir l’art militaire chez les peuplesde l’antiquitö; ce ne sont pas les artset les Sciences qui l’empöchent aujour-d’hui de faire des progres. Les lumieresgönörales devraient au contraire per-fectionner cet art avec tous les untres.Elles devraient rendre la tactique plussimple et plus savante, les troupes plusinstruites, les gönöraux meilleurs. Ellesdevraient mettre la methode ä la placede la routine, les combinaisons ä laplace du hasard. Si, tandis que toutesles autres Sciences se perfectionnent,celle dela guerrereste dans l’enfance,c’est la faute des gouvernemens quin’y attachent pas assez d’importance,qui n’en font pas un objet d’öducationpublique, qui ne dirigentpas vers cetteprofession les hommes de genie, quileur laissent entrevoir plus de gloire etd’avantages dans des Sciences frivolesou moins utiles, qui rendent la car-riere des armes une carriere ingrateüans laquelle les talens sont devancespar 1’intrigue et les prix distribues parla fortune.

Si, enfln, un peuple s’amollit, se»orrompt, dedaigne la profession desarmes, perd l’habitude des travaux quiy preparent; si une nation, ötant de-gradee ä ce point, le nom de patrien’y est plus qu’un mot vide de sens;si ses döfenseurs ne sont plus que des

mercenaires, avilis, miserables, malconstitues, indiüerens aux succes etaux revers (c’est par ces vices demceurs et de Constitution qu’ont dechutoutes les milices anciennes et que pe-chent toutes nos milice? modernes).C’est encore la faute du gouvernement:car le gouvernemeni doit veiller surles moeurs, sur les opinions, sur lesprejuges, sur les courages. Avecla vertu, l’exemple, l’honneur, lecMtiment, il peut elre plus puis«antque le luxe, que les abus, que les vices,que les passions, que la corruption laplus invetbree. Avec ces mömes lumib-res qu’on croit la cause de la decadencedes empires, qu’il edaire sa nation surle prdcipice oü eile se jette , qu’il semette ä sa töte, il l’entrainera : eile lesuivra avec d’autant plus de soumis-sion, que plus instruite, eile sentiramieux le bien qu’on lui prepare , lemal auquei on l’arrache ^ et la prospe-rite vers laquelle on veut la conduire.En genöral les gouvernemens desgrands peuples sont bieta loin de faireet de connaitre seulemeint tout ce quiest en leur pouvoir. 11s Die sentent pasassez l’ötendue de leurs i-essources ; ilsse laissent decourager par le nombreet l’anciennete des abus: ils n’osentporter ni le fer, ni les remedes, auxplaies qui les devorent : ils s’agitentsans succös, comme des mourans, dansles convulsions de l’agonie. Ne nouslassons donc pas de leur repeter que.si leurs vices sont sans nombre, leursmoyens sont immenses; qu’ils n’ontqu’ä perfectionner leur Constitution,devenir justes, eclaires, nervoux, qu’a-lors ils releveront bientot les etats;que, si les vices corrompent rapide-ment, les vertus peuvent regenerer deniöme. Mettons sans cesse aupres dutableau effrayant de leurs maux Japossibilife encourageante de leu^r