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cruerait Ia raison, vous n’avez pas, de-puis six ans, aeheve l’education d’unregiment entier. La moitie de la cava-lerie du royaume fuit encore les talonset change de main dans la poussieredes mandges. Portez ailleurs votrelente m^thode, votre bonne gräce,votre thdorie raffinöe; eiles peuvent6tre le fruit de beaucoup de medita-tions, mais je ne m’en servirai pas; carje veux des cavaliers et non pas desdcuyers.
On a long-temps t'ait la guerre sanscette especede troupes que nous appe-lons aujourd’hui troupes legerer, car lesarmes ä la legere des anciens ne leur res-semblaienten rien, ni par leur Constitu-tion, ni par l’usage qu’on en faisait; ilsetaientvßtuspluslöghrementquelesau-tres troupes, ils £taient armes differem-ment, ils etaient composes d’une autreespece d’hommes, ils faisaieut cepen-dant corps avec les pesamment armes,ils marchaient avec eux, combattaientavec eux, faisaient en un mot partiede l’ordonnance de combat. Nos trou-pes legeres, au contraire, sont armeesethabillöes comme nosautres troupes;elles sont com posees de la möme especed’hommes; mais elles ne font pointcorps avec elles; elles ontun genre deguerre et des fonctions separees. Unjour de bataille elles ne se mettentpoint en ligne; elles ne sont presquecomptees que comme hors-d’oeuvredans la disposition generale. Les Par-thes, les Numides, les Thessaliens,cette cavalerie si legere et si vanteedans l’histoire, ne peuvent pas nonplus se comparer ä nos troupes le-geres, puisque c’etaient des nationsentihres ainsi constituees, habitueesa ce gerne de guerre, de vitesse etue desordre, et n’ayant point de trou-pes d’une autre espece : tels sont en-core nujoiird’hui les Tartares de Crs~
mee et quelques peuples de la cöted’Afrique .
Comment faisaient donc les ancienspour avoir des nouvelles, pour fairedes courses, pour se garder contre lessurprises, pour remplir tous les objetsdont nous avons aujourd’hni assignel’execution aux troupes legeres? Cettequestion est trop interessante, troppropre ä jeter du jour sur la grandepartie de la guerre, pour que je necherche pas ä la resoudre.
Les anciens avaient un autre genrede guerre que nous; ils faisaient engeneral moins de marches et moins demouvemens; ils etaient retranchf'Sdans tous leurs camps; ils avaientpour principe de sie tenir toujours leplus prhs possible de l’ennemi. Enetaient-ils eloignes? Comme leurscamps dtaient des citadelles, ils avaientmoins besoin de postes exterieurs;dans ces camps etaient ä la fois leursarsenaux , leurs magasins, leurs ate-liers de toute espece; ils avaient soinde les asseoir ä la portee de la mer,d’une riviere, d’une villeou d’un grandentrepöt fortifid. Voyons, pour nousdonner une idde de leur conduite ä cet6gard, la belle Campagne de C6sar enAfrique ; il n’avait que des legions, etil faisait la guerre contre une multi-tude d’Africains, bierf autrement ha-biles que nos troupes legeres ä harce-ler, a inquidter, ä couper des subsis-tances. Les anciens se mettaient-ilsen marche? Ils detachaient ä leuravant-garde, c’est-it-dire ä un quart delieue ordinairement,, ou ä quelquesstades tout au plus dans les pays ou-verts, ce qu’ils appelaient des cou-reurs; c’etaient des hommes armds ä lalegöre, tires des legions, et propres äce service. Cela suffisaitparceque leursarme'es. peu nombreuses, et rangle?sur une ordonnance ä ligries redcm