SCIENCE MIUTA1HE.
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ilant valoir mieux et executer de plusgrandes choses. Elle aurait (laus sesarmees moins de cavalerie, moims detroupes legeres, moins d’artillerie. SonInfanterie serait mieux armee, plusaguerrie, mieux disciplinbe, plus ma-nceuvriere; eile saurait se suitire ä elle-möme comme l’ancienne infanteriedes legions romaines. Sa cavalerie se-rait peu nombreuse: mais sa bonte, savelocit^ , sa Science de mouvementsuppleeraient ä son petit nombre. Sestroupes legeres feraient en meinetemps le service de ligne, et ses trou-pes de ligne feraient, aubesoin, le Ser-vice de troupes legeres; par consd-quent point de double emploi, pointde corps inutilement et dispendieuse-ment employe ä un seul objet. Sonartillerie serait peu nombreuse, maiseile n’aurait que des calibres utiles etpropres a produire de grands effets;eile serait bien constituee, bien all6—gee, bien attelöe, bien disposte dansses emplacemens, bien ex6cut6e dansl’action. Tous les corps qui compose-raient ses armees auraient une tacti-que simple, analogue l’une ä l’autre,et pröte ä servir les combinaisons desgöneraux. De pareilles arm6es ne se-raient poin t embarrassees par une quan-tite immense d’equipages; elles se-raient sobies, infatigables, plus amou-reuses de gloire que de commodite;elles sauraient vivre des denröes dupays, et ne seraient pas subordonneesaux calculs etroits et routiniers d’unentrepreneur de subsistances; enlin,de semblables armees, commanddespar de grands hommes, renouvelle-raient les prodiges operes autrefois parde petites armees contre des multitu-des ignorantes; elles feraient encorede grandes conquötes et des revolu-tions dans les empires.
C’est une chose bien £tränge que la
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maniere dont on forme aujourd'bui'lesarmees. La guerre se dedare : on re-sout dansle oabinet desminisires qu'ilfaut attaquer l’ennemi surun tel point,et se defendre sur tel autre. Voila parconsequent des armees ä former, desgen6raux ä choisir. Comment cela sefait-il? Le departement de la guerre,si c’est ce departement qui a la prö-poriderance du credit dans le conseildu souverain, pTopose une armee enAllemagne et une en Flandre. On ob-servera que souvent le ministre, quiest ä la töte de ce departement, nesait pas ce que c’est qu’une armee, ouque, s’il est militaire, rarement il ar-rive qu’il ait commande des armöes,encore plus rarement qu’il les ait biencommandees; par consequent il nepeut asseoir un plan de guerre avecconnaissanoe de cause. Cependant ceplan est arrete; on se resout ä formerdeux armees: on ddcide, je suppose.d’agir offensivement en Flandre, et derester sur la defensive en Ailemagne.Comment se determine la force de cesdeux armees? On specule quelle serala quantite de troupes que l’ennemipourra opposer dans chacun de cespoints. On dit: L’ennemi aura une ar-m6e de soixante mille hommes enFlandre, faisons-en une de quatre-vingts, puis agissons offensivementdans cette partie; il en a une desoixante en Allemagne , formons-yen une de quarante , et tenons-nous-y sur la defensive. On nomme en-suite les corps qui doivent compo-ser les armees. Une mechante reglede proportion ou plutöt de routineveut que l’armee 6tant de tant demilliers d’hommes, il s’y trouve tantd’infanterie, tant de cavalerie, tantde troupes lbgbres, tant d’artillerie.On choisit les göneraux, on entre enCampagne; les generaux, la plupart
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