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Tome cinqième.
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DE LA DEFENSE

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son dans les places de seconde et troi-sieme ligne, et s’y former au Service,pendant les delais et les chances qu’en-traine la resistance des places de lapremiere ligne; elles peuvent m6mefaire plusieurs parties du Service dansles places attaquees.

II est des forteresses dont l’objetest plus circonscrit, et qui n’en sontpas moins importantes par leurs po-sitions ; teile est la ville d’Elseneur ,en Dänemark , qui, par les contribu-tions qu’elle impose aux vaisseaux decommerce qui traversent le Sund , setrouve 6tre un objet de revenu pour lesouverain qui la possede; teile est laforteresse de Gibraltar, qui donne auxAnglais la faculte d’empöcher qu’au-cune autre puissance en guerre aveceux puisse passer par le detroit sansune escorte consideroble, et qui leurprocure un asile contre les gros tempsou les suites d’un combat livre dansces parages eloignes de leur mdtro-pole.

On se determine quelquefois ä for-tifier un point, moins par les avanta-ges directs qui en resultent, que sim-plement pour en priver l’ennemi;d’autres fois on est invite a placer unfort sur un point determine, unique-ment par son site heureux, et commepour achever ce que la nature a com-mence. Mais souvent.il est teile placequi parait peu utile, et qui, par des cir-constances imprevues, peut devenirun point de la plus haute importance;telles sont, en g^nöral, celles de latroisieme ligne, qui peuvent sauverl’Etat, si l’ennemi, ayant epuise tousses moyens pour enlever celles de lapremiere et de la seconde qui la cou-vraient, se trouve hors d’etat de lüt-ter contre les dernieres ressources quela duree de leur defense a donne ä l’as-siegd le temps d’y accumuler.

Traite de la türetd des Etats, par le moyen de*forteresses.

La petite place de La Fere fit perdre,par sa resistance, ä Henri IV , l’impor-tante ville de Calais; «Henri IV , dit» Maigret, voulant entrer en Flandre ,» assiegea La Fere , ponr ne laisser aü-» cune place derrifere soi: par lä, l'ar-» chiduc Albert eut le temps d’unir ses» forces, et bien qu’il ne pütforcerleroi» ä lever le siege, il y fit entrer un se-» cours, par le fameux George Bassä,» pour en prolonger la defense, et s’en» alla attaquer la ville de Calais, qui» etait d’une plus grande co>nsequence» que celle de La Fere ; il y retrancha si» bien ses quartiers, qu’il fut impossi-» ble aux Fran$ais de la secourir, et» enfin il l’emporta d’assaut.

» Qui arrfeta (continue le m6me au-»teur)lesprogresqu’Annibal faisaitcon-»tre les Romains, si ce ne fut la lon-» gue resistance que firent Spolette et»les autres petites places qu’il attaqua?» Qui conserva la Flandre au roi d’Es-» pagne apres la perte de la bataille de» Nieuport, l’an 1600, si ce ne furent les» forteresses? Les Hollandais remporte-» rent bien la victoire, et demeurörent» maitres de la Campagne, mais pour» cela ils ne se rendirent pas maitres» de la Flandre , et n’y gagnörent pas,» pour ainsi dire, deux pouces de ter-»rain. S’il n’y eüt point eu de forte-» resse en Piömont, aprbs la bataille» de la Marseiile, en 1693, il s’en se-» rait suivi la perte du teste des Etats» du duc de Savoie . Le gain de celle» de Fleurus en 1690, de Nerwinde eü»1693, etc., aurait rendu Louis XIV » maitre de toute la Flandre . »

Chacun sait que depuiscette epoque,la Flandre franfaise, qui a conserVe sesplaces, a resiste a toutes les attaques,sans que les ennemis, malgre leurs