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Tome cinqième.
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DES PJLACES FORTES.

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Vieres et de canaux : ce sont des pointscentraux, d’oü partent tous les mou-vemens; si ces points viennent ä ötreenleves, l'ensemble est rompu, et unetrouee faite intercepte les secours mu-luels; l’ennemi penetre jusqu’au cceurde l’Etat, et c’est aiors qu’il faut re-vonquerir son propre pays.

Des places fortes, etablies de dis-tance en distanee sur un fleuve qui,comme le Rhin , sert de limite ä l’em-pire, rendent 1’attaque sur cette partiede la frontiöre comme impratieable äl’ennemi, etexcessivement dangereusepour lui; car en occupant les lieux lesplus commodes pour le passage, ellesle rendent tres difficile ä rennemi, eten supposant que ce passage lui eiltreussi, elles l’exposent toujours, s’ilveut continuer son invusion, sansprendre d’abord ces places, ä 6trepoursuivi sur ses derrieres et separdde son propre pays, ou a une diversionpar ces places elles-mömes, qui sontdes passages tout faits; et si l’ennemiveut s’emparer d’abord de ces places,elles lui offrent de grandes difficultes,parce que le fleuve, separant les diversquartiers de l’armec assiegeante, lesexpose ä dtre surpris et battus succes-sivement.

Les places fortes en general, lors-qu’on peut compter qu’elles tiendrontlong-temps, offrent de grands moyenspour faire diversion, parce que, pen-dant les longues operations du siegeentrepris par l’ennemi, on a le tempsde faire une expedition dans son paysmdme, par un autre point, d’y porterla terreur, et de revenir encore luifaire lever le siege, s’il ne l’a pas ddjaabandonne pour venir ä la defense deses propres foyers.

Celui qui a un bon cordon de forte-resses est toujours maitre d’accepterpu de rpfuser la bataille, I! y jette tout

ce que la Campagne environnante a pufournir de subsistances, etse retire avecson corps d’armee, sous la protectionde ses places interieures, se conten-tant de harceler l’ennemi. Aiors, sicelui-ci veut penetrer, il ne pourrareunir les vivres qui lui sont ndcessai-res pour rester en masse; il sera obligede se disseminer pour s’en procurerau loin; on pourra l’attaquer en ddtail,et quoique plus faible que lui, le com-battre toujours avec avantage.

L’ennemi qui veut envahir un pays,entoure de places fortes, ne sauraitdissimilier long-temps ses projets; il nepeut penetrer sans faire d’abord unetrouee. Les Sieges qu’il est oblige d’en-treprendre pour eela exigent de grandspreparatifs en materiel, et des mou-vemens de troupes qui indiquent faci-lement le but de ses entreprises. S’ilprend une de ces places de premi&rcligne, il y emploiera le temps de laCampagne; et, au commencement dela Campagne suivante, il y trouveratoutes les ressources de l’assidgd reu-nies vers le Heu de la troude commen-c6e; et, si la rdsistance qu’il peut pre-voir lui fait changer de projet, la placequ’il aura prise ne lui servira plus derien; il aura consume inutilement sontemps et ses moyens.

Les forteresses dispensent d’avoirtoujours l’armee active totale surpied.parce qu’en arr£tant le premier chocdel’ennemi, elles donnentle temps derassembler les forces. Il suffit que lescadres soient formes et que l’organisa-tion en soit arrötee. Sous ce rapport,elles offrent de grands moyens d’eco-nomie, en hommes, en objets de con-sommation et en argent; elles mettentmöme les hommes de nouvelle leveeen dtat d’ötre presque aussi utiles queles vieilles troupes , parce que desmilices nouvelles peuvent tenir garni.