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Tome cinqième.
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DES PI.ACES FORTES.

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prochdes; car si l’assiegeant n’est pasen force pour soutenir ces travaux, ilsseront detruits ä mesure qu’ils serontpousses en avant, et s'il est en forcepartout, c’est alors qu’en faisant usagedu feu tr&s rapproclfe, il sera neces-sairement tres meurtrier pour celui quidevra le soutenir constamment.

C’est donc principalement sur lescoups de main que doit ßtre fonde levöritable syst&me de Ia defense des pla-ces, et si les armes ä feu sont les plusavantageuses ä l’assiegeant, l’armeblanche, au contraire, est la plus favo-rable ä l’assiege.

Et sans eile, en effet, sans les com-bats corps ä corps, sans la defense desbraches, nous ne voyons pas qu’au-cune belle defense ait jamais eu lieu,et jamais avec eux la plus mauvaiseplace n’a manquö de prolonger sa de-fense d’une maniäre inesperäe. Yoiläune veritö constante, qui appartient äi’histoire ancienne comme ä l’histoiremoderne, aux siecles qui ont pr&feddl’invention de la poudre, comme äceux qui l’ont suivie. Ce fait repond äceux qui alfectent d’invoquer sans cessel’experience du passä, pour se dispen-ser d’examiner aucune idee nouvelle.

Cette expörience nous dimontre qu’ämoins qu’on ne parvienne ä imaginerquelque moyen de resistance inconnujusqu’ä ce jour, aucune defense pro-longee n’aura jamais lieu sans la re-mise en activite du combat corps äcorps. Or, c’est justement ce genre decombat qu’exclut formellement le cal-cul propose par M. de Cormontaingne;faut-il donc s’etonner que sa plus lon-gue defense soit au plus de quarantejours?

Suivant le journal que donne cet of- fticier-general, de l’attaque d’un hexa- j

gone, fortiffe suivant son propre sys- j sa responsabilite ä couvert. On obtüme, la defense ne peut aller au-dela* tiept enßn une espece de marche rev. 35

du trente-cinqui&me jour, et il termineles travaux de cette journee par cesparoles : ll est temps de se rendre. Cril-lonse füt ecriä : Il est temps de com-meacer ä se battre. Ii eüt dit, colnmeau siege de Quilleboeuf: Crillon est de-dans et l'ennemi dehors. Ainsi, lorsqueBajard defendaitles murs de Meziereftou; en breches, M. de Cormontaingne,son compagnon d’armes, a iui auraitcri^: Il est temps de se rendre; ainsi,lorsque Guise reparait les breches deMe;z sous les feux redoubles de l’en-nerai, M. de Cormontaingne, son com-pagnon d’armes, lui aurait crie : Il esttemps de se rendre. M. de Cormon-taiigne etait sürement brave; il l’aproiv6 souvent. Il avait ce couragereflichi qui soumet tout au calcul, aumil eu möme du danger, mais non cecou-age bouillant, ce courage d’exem-ple qui entraine ä sa suite une garni-son valeureuse sur la breche, qui cul-bute les ennemis, les poursuit, renverseleurs travaux, et delruit en une heurece qui a coütö un mois de fatigues äl’assiegeant.

Cest le zele de la perfection en toutqui a engag6 M. de Cormontaingnerechercher ce degre de precision; maijc’est un zele malentendu. Il est aise däconievoir les fächeux effets qui doi-ven: en 6tre le r<5sultat. Un gouver-neur croira avoir fait beaucoup, com-me je l’ai dejä dit, s’il a defendu saplace quarante jours, puisque c est lemasimum, fix6 par la thöorie. Le Soldatqui sait n’avoir- que quarante jours auplus de defense, et ne pouvoir aspirerä la gloire de faire lever le siege, n’at-tache pas beaucoup d’importance ätenir deux ou trois jours de plus ou demoins; il perd toute son energie , ouvamollement, ou ne songe qu’ä mettre