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Tome cinqième.
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DE LA DEFENSE

trograde mesuree, qu’on nppelle unebelle döfense, et qui n’est souventqu’une vaine et hätive consomma-tion de tout ce qui etait dans les ma-gasins.

Puisque les plus celebres ingeriicursreconnaissent que la theorie ne four-nit par elle-meme aucun moyen deprolonger la defense des places, tandisqu : l’experience a prouve que cettedefense peut 6tre bien au-delä prolon-gee, il faut que dans les calculs il y aitun Element essentiel de neglige. Cetdlfrnent, c’est la valeur, la valeur quine saurait en eff'et se calculer. Si nousvoulons que nos places resistent, com-me ont resistc; les places de Mezieres,de Metz , de Maslricht, de Graves, ilfaut que nous les ddferulions commeon; fait les Rayard, les Guisc, les Cal-vo. les Chamilli, c’est-ä-dire qu’il fautque nous nous presentions sur la bre-che , que nous y soutenions l’assaut,non pas une fois seulement, mais jus-qua ce que l’assiegeant soit hors d’etatd’en livrer de nouveaux.

Quoi! partout en rase Campagne, lecombat corps ä corps deckle de la vic-toire, et ce combat ne sera point ad-mis dans la defense des places! Tousles postes ä la guerre s’attaquent et sedelendent ä la baionnette, et les rem-paits seuls, qui sont les postes les plusimportans, les mieux fortifids par lechoix de leurs positions et par les tra-vaux de I’art, les remparts, dis-je, se-ront les seuls points oü l’on d’oseraparaitre avec l’arme .econnue de touttemps, pour la plus süre et la plus de-cisive entreles mainsdes Francais! Etune ville de guerre, pour laquelle au-ront 6te faits les plusgrands sacrifices,qu’on aura pourvue de foutce qu’exigeune longue resistance, sur l’appui delaquelle on aura compte pourla süretede i'inltirieur, pendant qu’on a porle

la masse des forecs au dehors pour uneexpedition lointaine, une teile place,dis-je, aura tenu ä peine un mois,qu’on y parlera dejä de capitulation!Au bout de trente-cinq jours, on en-tendra des chefs annoncer qu’il esttemps de se rendre, tandis qu’on a vude miserables bicoques tenir des an-nees, et forcer enfin l’ennemi d’aban-donrier son entreprise; tandis qu’on avu un simple blockhaus arröter lesFrancais eux-mömes, pendant pres dequinze jours, au dernier siege de Dant-zik, pour le couronnement du cliemincouvert et le passage du fosse!

La forlilication serait d’un bien petitavantage, si eile ne pouvait procurerqu’un appui si faible et si precaire; 0 *il n’est pas etonnantque des generaux,s’appuyant sur les resultats du calcul,aient soutenu leur parfaite inutilite.Mais heureusement ces calculs sontfaux, les places fortes sont d’unc im-por'rance bien superieure ä celle queleur supposent leurs plus zeles par-tisans, et l’experience a montre millefois que, sans eiles, il n’y a rien d’as-sure au dedans, aucune entreprise ma-jeure ä faire au dehors.

De ce que les meilleures places nepeuvent, suivant certains calculs, pro-longer leur defense au-delä de quarantejours, tandis qu’on a vu les plus mau-vaises tenir des annees entieres, onauraitgrand tortde conclure qu’il estpresque indifferent d’avoir des placesbien ou mal fortifiees. Les places sontdes machines qui multiplient la puis-sance en raison de la longueur des le-viers. Ene place bien fortifiee reduitl’ennemi ä une breche etroite, tandisqu’une mauvaise expose les remparts ä6tre ouverts ä la fois de tous eöles; lapremiere prend des llancs et des reverssurrennemi dans tous les points qui ensont suseeptibles; eile ralentit la mar-