DES PLACES FORTES.
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SECTION PREMIERE.
ßxemples tiris de l'histoire ancienne.
Sit*gc de Syracuse par les Alhtfnicns, l'an 413avant Jesus Christ .
La plus llorissantc republique de laSicile ötait la ville de Syracuse . Cetteeite puissante, riche, bien peuplee, si-tuöe sur la cöte orientale de l'ile,etait composee de cinq quartiers difle-rens, qui, tousrenfermes par de fortesinurailles, et fortifies avec des tours,de distarice en distance, formaient, enquelque Sorte, autantde places fortes,et presentaient a peu pres la figured’un triangle. Du cöte de la mer, onremarquait l’ile d'Ortygic, qui renfer-mait la citadelle, et eommandait auxdeux ports qui 1 ’envircnnent. Ellecommuniquait par un pont avec Achra-dine, le plus beau, le plus grand, lemieux fortifie de tous les quartiers.Au-dessus d'Achradine, 0:1 voyait,d’un cöte, le quartier de Tyque etetcelui de Neapolis, ou Viile-Neuve,qui, separes l’un de fautre par un mur,»’avanfaient tous deux en pointe versl’occident, et se terminaient a unehautcur qui les eommandait et qu’onnommait Epipole. Une vaste enccintede muraillesrenfermait tous ces quar-tiers, et cette murailie immense ötaitdöfendue par deux forts nommes : TunEurivele, et l’autre Labdale.
La seiziöme annee de la guerre duPeloponese , les Sögestains, opprimespar les Selinontains que soutenaientceux de Syracuse , vinrent implorer lesecours d’Athenes . Jamais cette repu-blique n’avait ete si puissante, et enmöme temps si enivree de sa gran-deur. Suivant l’avis d’Alcibiadc et mal-gre lesvives representations de IN'ieias,le peuple ecouta favorablement les
prieres des deputös. On equipa sur-le-■ champ une superbe flotte de eeiit cin-quante navires, et l’on en donna le! eommandement ä Alcibiade, a Nicias | et ä Lamacchus. On fit voile vers Sy-racuse , et pendant la nuit on entradans le grand port, et l’on prit terreprös d'OIympie sans avoir ete aperfu.Les Syracusains avaient fait de grandspreparalifs; et, pleins de courage, ilsavaient resolu de se bien döfendre.L’arrivee soudaine des ennemis les dd-concerta cependant un peu; mais bien-töt ils bannirent cette premiöre ter-reur, et se mirent en bataille devantles murs de leur patrie. On donna leSignal en möme temps de part et d’au-tre. Comme les intöröts etaient lesmömes, le combat fut opiniötre, et lavictoire passa plus d’une fois de l’un etde l’autre cöte. Un orage, qui survinttout ä coup, intimida les Syracusains.Hs plierent et se retirerentdans la villeapres une longue et vigoureuse rösis-tance. Cet echee ne servit qu’ä rani-mer leur ardeur. L’on retablit et l’onaugmenta les fortifications; et, pourmieux obeir, on confia toute l’autoritömilitaire ä un seul chef qui fut Hermo-crate, personnage ögalement illustreet par sa valeur et par son experience.
Cependant les Athöniens s’emparö-rent d’Epipole; et, malgre les frö-quentes sortiesdes assiegös, ils vinrentä bout d’environncr la ville d’un murde circonvallation. Nicias , par le rappelet l’exil d’Alcibiade et la mort de La-macchus, tuö dans une action, se vitsans collegue et seul maitre de toutesles operations. Ce genöral, paraissantoublier tout ä coup sa lenteur ordi-naire, fit entrer sa flotte dans les deuxports, et pressa vivement la ville parterre et par mer. Syracuse , ainsi blo-quee et toujours vaincue, se voyait rö-duite a la derniöre extrömitö. Dejä les