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Tome cinqième.
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DES PLACES FORTES.

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nneiueures places de guerre tiennent äpieine uii mois. D’oü vient cela? Ceni’est point de la supdrioritd de l’artil-lerie des assidgeans, puisque Ton voitencore de temps ea temps des defen-s«s comparables a celles des anciens;nnais cesddfenses n’ont lieu que qunndon prend le parti de se defendre com-me eux, c’est-ä-dire par des coups demain. II faut donc, si l’on veut conser-ver ses places, en revcnir ä ce mode;il faut retablir, dans la ddfense desremparts, l’usage des combats ä l’armeblanche , reconnus ddja pour si ddci-sifs partout ailleurs pour la valeur fran-?aise; il faut qu’au lieu d’dtre accessoi-res, comme on a vu que le supposeM. de Cormontaingne pour dtablir sescalculs, ces combats aient essentielle-ment partout la preeminence; qu’enfinle systdiae des constructions, l’usagede 1’artillerie, l’emploi des contre-mi-iics, toutes les ressources, en un mot,que peut suggdrer l’art, suivantlcs di-verses circonstances, soient rapportdset constamment subordonnes ä cettedefense majeure, ä ce but principal.

On se convaincra facilement qu’icila theorie doit dtre d’accord avec l’ex-perience; car, dans l’emploi des armesä feu, il est naturel que l’assiegeant aittoute la superiorite; son artillerie esttoujours beaucoup plus nombreuse:comme il enveloppe le front d’attaque,ses feux sont convergens, et l’assidgdprdte de toutes parts le flanc aux rico-chets. Mais ä l’arme blanche, c’est lecontraire; dans la mdlee, l’assiegeantne peut plus faire usage de son feu,parce qu’il se detruirait lui-mdme; ilne peut se prdsenter ä la brdche sur unfront plus grand que celui de l’assiege.Celui-ci ne peut dtre pris en flanc niur les derridres; il occupe la liauteur,et ne peut dtre abordd que par un che-min escarpd et mind, sur lequel il peut

faire rouler des poutres, des pierres,des bombes, des feux d’artifice; enfin,il voit iui-mdme en flanc les colonnesde son ennemi; et, avec un peu d’in-dustrie, il peut les battre de revers.L’assiegd a donc tout l’avantage dansce genre de combats.

L’art de la ddfense n’est donc point,comme l’ont imagind quelques per-sonnes, celui d’dluder le choc ä la fa-veur d’un rempart, mais, au contraire,celui de pouvoir se battre avec avan-tage un contre dix; celui d’dtre sanscesse agresseur, lorsqu’on semblaitcondamnd, par les circonstances, ä dtreconstamment chasse et poursuivi, achercher perpdtuellement quelque re-traite nouvelle pour dviter d’ötre acca-bld par un ennemi supdrieur. L’indus-trie est de convertir le systdme gdnd-ral de la defense en une suite d’attaquespartielles, mais mullipliees et combi-ndes de manidre ä opposer toujours lefort au faible, sans cependant jamaiscompromettre une partie trop consi-derable de ses forces.

Si, pour dviter l’avantage que don-nent a l’assidgd les attaques faites devive force par son adversaire, celui-ciprend le parti de procdder mdthodi-quement, et de s’emparer, pied ä pied,de toutes les ddfenses de la place, cequi constitue le grand principe des at-taques de M. de Yauban , 1’assidge nesera pas forcd pour cela de renonceraux coups de main, qui doivent fairetoujours labase de son systdme defen-sif; mais il devra les combiner avecl’emploi des armes a feu, de manidreque par le jeu alternatif des uns et deautres, il empöche l’ennemi de s’d-tablir jamais solidement en aucunpoint.

Le veritable esprit de la ddfense neconsiste ni ä livrer des combats intem-pestifs et trop indgaux, ni ä faire de