Band 
Tome cinqième.
JPEG-Download
 

MEMOIRE ADD1TIONNEL

OU L’ON PROPOSE

UNE NOUVELLE MANlERE DE DEFENDRE LES PLACES

II y a bien des ann6es que j’ai ima-gine une nouvelle maniöre de d6fendreles places; mais je ne l’ai point faitconinutre jusqu’ä präsent, parce qu’elleaurait pu 6tre employöe contre laFrance elle-möme par les ennemis; jeme resprvais de prendre, ä cet egard,l’initiative dans une occasion impor-tante, si je me trouvais un jour Chargede la defense d’une place assi6g6e,comme cela pouvait arriver par les'fonctions de mon 6tat. Mais aujour-d’hui que le temps est arrivö d’appli-quer a la plus grande sürete des fron-ti£res fran^aises tout ce qu’on pourradecouvrir d’utile pour perfectionnerl’art defensif, je n’hüsite plus a rendrepubliques mes anciennes reflexions.

Si le moyen que j’ai ä proposer m6-rite quelque attention, c’estsans doutepar son extrßmesimplicite, qui le rendapplicable partout, et independant detout systöme de fortification; c’est parcequ’il n’exige l’emploi d’aucune armenouvelle, et qu’a proprement parier, iln’a rien de nouveau lui-möme, puis-qu’il ne consiste que dans l’emploiplus frequent d’un moyen d4jä usite;ce moyen est celui des feux verticaux,que je propose de multiulier nrodi-V.

gieusement dans la defense des places,et dont je vais discuter les eflets sousce nouveau rapport. Ce n’est pas d’au-jourd’hui qu’on a senti Putilitd de cesfeux verticaux multiples. « Comme les» pierres et les grenades (dit M. de Vau-» ban), jet^es avec des mortiers, font» plus de mal encore que les bombes,» et qu’elles tuent et blessent beaucoup» plus de monde, il faudra s’en pre-» cautionner de son mieux. »

Mais l’effet de ces feux verticauxn’ayant point 6t6 exactement analysd,on n’a pu apprccier le ravage extremequ’ils peuvent occasionner, et l’on n’ena jamais fait la base de la defense,comme je le propose ici.

Un füsilier, qui tire de derriere unparapet, est obligö de se döcouvri?beaucoup. Un canon que l’on tire, soitä barbette, soit m6me par une embra-sure, reste fort exposö ä tous les coupsde l’assiögeant, ainsi que ceux qui leservent; et, de plus, les feux horizon-taux qui partent des fusils e‘ des Ca-nons de la place, vont presque tous seperdre dans les parapets des trancheeset des sapes de l’ennemi. Mais si, aulieu de tirer horizontalement, le füsi-lier lirait obliuuement en l’air, comme,