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Tome cinqième.
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SUR LA SITUATION DE L’ARMEE d’ITALIE.

dans beaucoup d’höpitaux, on n’enter-rait plus que tres tard), une mort plusprompte, plus cruelle et plus certaineque dans les eamps malsains et sur lesroutes qu’ils quittafent.

Dans l’armee, toutes les parties deserviee presentaient d’aussi döplora-bles resultats; partout la misbre la pluscruelle faisait les ravages les plus af-freux; et comment y remddier? toutÄtait vide, les magasins et lescaisses;tous les efforts successifs des differenschefs de cette arm6e n’avaient serviqn’ä prouver leur inutilitö, toutes lesressources pubüques et privdes dtaient& puis^es; toutes les csptSrances dtaientivanouies; et l’armöe, dans cet 6tat pi-toyable, se consumait avec une rapi-dit6 effrayante, par les dpidemies.

Les d6sertions, la faim, et les mala-dies qu’elles produisalent, enlevaienttous les jours trois ä quatre Cents hom-roes ä l’armöe, et il dtait ä craindre queces causes rdueies ne parvinssent avantpeu ä la dissoudre enti&rement.

Res maux de cette nature, portßs äce degrd, et auxquels le gouvernementDireetorial, malgrd des promesses sansresse rdit6r6es, n’avait appüqud depuissept mois aucun remede effieace, n’a-vaient pu manquer d’en produire tou-jours de nouveaux; et c’est par leureoncours que s’effectuait cbaque jourl’entifcre dissolution de l’armee. Toutie monde fuyait ces contrdes livrdes audesespoir, on cherchait ä echapper ä lamort, qui de tous cöies y paraissaitsous la figurela plus bideuse. C’est ainsique, sans faire usage de ses armes,l’ennemi nons vit, dans la riviere deGßnes, perdre dans un seu) biver (leplus d£sastreui dont les annales de laguerre puissent faire mention) pr£s detiente mille comhattans. La sokle 6taitarriör6e de cinq, six et sept mois.

Tel dtait pourtant l’etat dpouvanta* j

ble de cette armee, lorsque le gdnüralMassena, par le ddvouement le plus gd-ndreux, quittant une armde victorieuseet dans l’abondance, en accepta lecommandemeiit.

Le gdndral en chef, de son cöte, fitexecuter avec tant de rigueur l’ordrequi prescrivait ä tous les Italiens refu-gids de se rendre a Dijon , qu’il debnr jrassa Gdnes d’un grend nombre de bou-ches inutiles.

La faim que nos soldats dprouvaientdtait teile, qu’ils mangeaient toutes lesracines et les herbes qu’ils pouvaientdecouvrir sur les rochers arides qu’ilsddfendaient: c’est ainsi que toute unecompagnie de la 24' de ligne s’empoi-sonna en mangeant une soupe de ci-gue. A la fin, les hommes de corvee descorps un peu dloigndsde Gdnes n’a-vaient plus la force de venir aux dis-tributions.

Cette misdre gdndrale, cette apprd-hension continuelle de disette dlaientaccablantes. Tout contrariait les inten-tions du gdndral en chef, et anriulaitses efforts. En effet, tout semblait sereunir contre lui: la ndgligence desuns, la mauvaise foi des autres, l’in—capacitd, le ddfaut de moyens, et lesvents qui, pendant plus de quatre mois(circonstance qui n’etait jamais arri-vde), restdrent constamment contrairesä l’arrivage des convois venant deFrance ä Gdnes. Les dieux et les hom-mes paraissaient eonjurds pour assurerla pertede l’armie et de la Ligurie ,ou pour preparer, par la difficulte dusuecds, la gloire la \ lus brillante a ce-lui qui, malgre tant d’obstacles, par-viendrait ä un rdsultat heureux,

Mais que font aux maux presens eturgens des remedes qui ne peuventagir que dans la suite? Aussi, tout enesperant un avenir plus heureux , lesj embarras se multipliaient toujour*. et