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Tome cinqième.
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CODP-1) UE11.

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l’espoir alors fond6 de les voir sous peutermin^s, etait pour le general en chefun Soulagement d’autant plus faible,que tout l’hiver s’etait passe en vainesesperances et en une attente inutile;qu’il 6tait arrivü au moment oü les de-bouchös des Alpes 6taient devenus pra-ticables; qu’il savait que l’ennemi sepreparait ä rentrer en Campagne, com-menfiait a se rassembler, manoeuvraitsur toute sa ligne, et dejä serrait lesavant-postes de l’armde fran^aise; qu’ilne pouvait se dissimuler que ses trou-pes n’tHaient pas en 6tat de faire laguerre, et qu’il voyait leur decourage-ment augmenter chaque jour, avec leprolongement de leurs maux. En effet,l’ennemi s’ötait renforc6 et refait, pen-dant qu'en Italie l’armde frangaise avaitcoritinue ä se fondre et ä s’an&mtir.

On ne peut disconvenir que l’entr6een Campagne du general de M6las nesoit digne des plus grands eloges, et nem6rite d’ötre cit6e, par les mesures aumoyen desquelles il cacha les forcesqu’il avait en Italie .

Toute cette arm6e autrichienne, ras-suree par notre £tat et notre faiblesse,s’6tait born6e, pendant l'hiver, 4 nousfaire observer par un simple cordon,et avait ktk r^partie dans toutes lesplaces du Pi6mont, de la Lombardie ,du pays de Yenise, du Bolonais, de laMarche d’Ancöne et de la Toscane .

’ Ainsi divisöe, eile avait en effet parufaible partout; mais eile avait regu fa-cilement tout ce qui avait pu 6tre n6-cessaire ä son entibre restauration. Lesrecruesetlesrenforts qu’elle s’6taitpro-cur6s pendant son long repos, repar-tis d’aprbs le m6me systeive, n’avaientpresque pas 6t6 aperpus bes rapports,de quelque cöt6 qu’ils aient 6t6 re?us,avaient fait mention de si peu de trou-pes, que l’on regardait generalementfette armee comme tre-> loirt d’.ivoir

repare les pertes de la dernibre Campa-gne, d’autant plus que l’on avait r6-pandu et accredite le breit que les ma-ladies l’avaient considbrablement re-duite. Enfin l’on croyait encore qu’ellerenlrerait tard en Campagne, ou mömeque l’on pourrait la preveriir, lorsquedöjä les corps qui la composaient mar-chaient pour se rassembler.

Quand, par ce mouvement spon-tane, on vit toutes les villes fournirtout-ä-coup de nombreux bataillons äl’armee active, et M. de Melas röuniren peu de jours dix mille hommes enavant de Bobbio , sept mille en avant deTortone , trente-cinq mille 4 Acqui etAlexandrie , et nous attaquer avec desforces aussi respectables, en laissantencore dans le Piemont toute sa cava-lerie, une artillerie superbe, et vingtmille hommes d’infanterie , l’6tonne-ment fut universel, et l’on ne puts’empßcher d’admirer le secret de cesprdparatifs, et la pr^cision de Vexecu-tion.

Mais un rapprochement qui, sansdoute, n’echappera pas 4 l’histoire.c’est que deux mois et dix jours apres,M. de Melas a ete battu par l’effet d’uneruse en partie semblable 4 celle qu’ilvenait d’employer, et bien plus 4ton-nante par la hardiesse de sa concep-tion, et par les difficultes que son exe-cution prösentait.

De ces faits d£coulait ^oe consd-quence accablante: c’est que, forc6edans ses posititons, l’armee n’avait engrande partie q:ue G6nes pour retraite,et Gönes n’ötaiit pas approvisionnee;Savone mßme n’avait pu l’ßtre. D’unc6t6, le gouvernement ligurien d6cla-rait ne pouvoir plus concourir ä nour-rir les troupes; et pour surcroit dedouleurs, les maladies continuaientleurs ravages; et pour comble d’em-barras, l’argent, si necessairedansurn»