Band 
Tome cinqième.
Seite
782
JPEG-Download
 

782

JOURNAL DES OpLRATlONS MILITA1RES

brigade sur le couvent des Capucins,situö sur Ies hauteurs qui separent Al-bissola de Savone , et 4 I'adjudant-g6n6-ral Gautier d’attaquer, avecle bataillonde grenadiers, les montagnes qui flan-quent la gauehe de cette position. Le g6-nAral de division Oudinot, chef de l’etat-major gAneral de l’armöe, chargö decommander cette attaque, conduisit iacolonne de gaucrte. Quant au generalen chef, qui par ces dispositions, neconserva avec iui que la 108 e demi-bri--gade, il la plaga de maniere 4 en for-mer sa reservq, et 4 jnettre sa drojle 4l’abri de toute insulte.

L’ennemi avait dans cette partiedeux de ses meilleurs regimens d’in-fanteri -, et cinq bataiilons de grena-diers; aussi sa defense, digne de cestroupes d’elite, fut-elle tres opinijltre;il se trouva cependant forcd un nio-ment, et par le general Oudinot, etpar l’adjudant-general Gautier, cha-cun sur des points diflerens; mais sou-tenusur toute sa ligue par des troupesenechelons, et ä des distances trds rap-prochees, il reprit vivement le terrainqu’il avait perdu, et poursuivit demdme les grenadiers qui, en gravjs-sant cette monlagne, et par la naturedu terrain , s’etaient dparpilles et n’e-taient plus en mesure de se rallier.Dans les pajs de montagnes, cetordre par cchelons est (pour peuque d’aiüeurs les dispositions soientbonnes) le plus formidible de touspour la defensive. Aussitötque le ge-neral en chpf s’apergut que ses troupesbaltaietil en retraite, il s’;>Yauga 4 latöte d’un des bataiilons de l i 106°, ar-räta l’ennemi au moment oü ce der-niervoülut traverser le torrentd’Albis-$ola; faeilita de cette manidre la re-traite des grenadiers, qui de suite sereformerent, et rejeta l’ennemi sur lamontagne,

Le combat dura prö? de trois heu-res: il fut suivi par un tiraillement quine finit qu’avec le jour, et chacun re-prit sa position primitive, apres avoirfait de part et d’autre quelques pertesen blesses, morts et prisonniers. Lad*judant-gdndral Gautier eut un ehevaLtud sous lui dans cette affaire. La nuitvenue, et sur l’avis que l’ennemi filaitsur nolre droite, le ge«6ral en chef serendit 4 Verraggio, et fit prendre 4l'adjudant-gfineral Gautier, qui com-mandait alors la totalitd des troupesdont nous venons de parier, la positionen avant du village.

C’est lä que le genöral en «chef, in-quiet de ne point avoir de nouvelles dugdneralSuchet. etdösirantsurtouthdterles atiaques qu’il lui avait orilonnöes,fit partir 4 cet effet le g6n6ral Oudi-not (1): conduit par le brave Bavastro,capitaine de corsaire, ce gdnöral, ac-compagnA de son aide-de-camp De-mangcot, arriva 4 Finale apres peud’heures de navigation.

Dans cette journ4e, la victoire neeouronna nulle part nos efibrts; carpendant que la colonne, conduite parle general en chef, avait fait sur Sa-vone un inutile effort, les troupes dug4n6ral Soult cAdaient de möme 4 unesupArioritA trop disproportionnde.

Differens motifs qui rAsultaient desa position et des mouvemens de l’en-nemi, avaient dAterminA ce gAnAral 4risquer une affaire generale. D’un cötA,ses troupes manquaient de pain de-puis deux jours, et touchaient 4 la finde leurs munitions et d’un autre cötA,l’ennemi se retranehait 4 la Moglia, et

(I) L’un des mililaires les plus disdnguds parles qoalitds rares et sl prdcieuses qui caracld-rsent l'homme de guerre, Ls taleus qui lespcrfecliunnent, cette ddlicatesse qui les ano-blit, ces formes heureuses qui concilient loutegles affections.