793
DB SIEGE El' DE BLOCUS DE GÜNES.
g’^tait empar£ de Sassello, d’oü il me-uagait les derriäres du general Soult.Pour prevenir ses desseins que ce mou-vementdecouvrait, il fallaitcombattre.
Le general Gazan fit son expeditionde Sasseilo avec autant de celerite quede succes.
On eut dans cette occasion la mesurede ce que peuvent des troupes franpai-ses. Sans repos, sans pain , et presquesans cartouches, les soldats marcherenta l’ennemi avec un courage hdroique.Tput ce que peuvent l’honneur et rin—trepidite, fut deployd dans cette actiunextrdmement meurtiiere. Deux fois,dix mille Autrichiens retranchds jus-qu’aux dents, et ayant une nombreuseartillerie, ciderent ä la valeur d’unepoignde de braves, qui deux fois par-vinrent sur la crdte des hauteurs dePonte-Ivrea, et qui nuraient fini par s’yetabiir, gi M. de Mdlas, avec une re-gervede cinq mille combaltans (1), nefüt arrivd vers la fin de la journde, etn’eüt ranime ses troupes par sa prd-gence, et par ce renfort. Cette circons-tance nous enleva une victoire qui futlong-temps balancde par les effortssurnaturels que firent nos troupes, parla bontd des dispositions, et par la ma-niere avec laquelle (ä l’exemple dugdndral Soult) cette affaire fut con-duite par tous les autres chefs qui s’ytrouverent sous ses ordres. La nuit mitfin ä ce combat terrible, apres lequelchacun reprit les positions qu’il availavant l'attaque.
Le gdndral Fressinet fut blesse aucommencement de cette affaire d’uncoup de feu a la cuisse gauclie, et nequitta cependant le champ de batailleque, lorsqu’une demi-beure apres, ilrefut une seconde blessure ä la töte.
|l) Les meines qui le matin ^taient partis degavone.
26 et ‘27 Germinal.
L’espdce de guerre que fait une ar-mde, rdsultant necessairement de saSituation et de sa force, il etait toutnaturel que M. de Melas, et le generalMassena, suivissent une tactique tout-a-fait dilfdrente. Toujours aux prisesavec un ennemi infiriiment plus notn-breux que lui, le but du gendral enchef avait toujours etd de le diviser, enmarchnnt sur deux colormes. L’unefaible, manceuvrait autant que cela luietait possible, tAchait d’occuper l’en*nemi, et ne l’attuquait, ou ne recevaitle combat que quand i! n’y avait pasd’autremoyen dele teniren prdsence,comme ä Albissola , ou aucun moyende l’dviter, comme ä Cogoletlo; l’autrelächait de soutenir 1’olTensive, en rdu-nissant la presque totalild de ses trou-pes sur les diffdrens eorps de l’cnnemi,et de cette maniere, de battre succes-sivement ses divisions, comme on levoit a Marcarolo, Sassello, la Verre-ria, etc. L’ennemi, au conlraire, pou-vant se diviser sans trop s’affaiblir,cherchait toujours ä nous envelopper,et ne nous faisait face sans nous cliar-ger, que pendant que des colonnes dd-tach4es nous tournaient de tous eötes.Dans le commencement des affaires,l’impdtuosite de quelques-uns de noscorps, cette valeur qui fait parfois dis.paraitre l’avantage du nombre, et desmouvemens heureusement combinesavaient fait tourner cette derntöre ma-noeuvre ä notre avantage : mais, obliges d’employer toujours les mömescorps, il dtait in^vitable que des effortssi souvent rdpelds ne finissent par lesdpuiser.
L’ennemi perdait sans doute quatreou cinq fois plus de monde que nous;mais, avec cette difierence qu’il dtait