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Tome cinqième.
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JOURNAL DES OPJERATIONS MIL1TAIRES

ligne, ces deux jours se pass^rent sans6v6nemens remarquables sous les rap-ports de la guerre; mais ils n’en furentpas moins activement employds par legdndral en clief. üne des operationsessentielles de ces journees, fut decentraliserle gouvernement, afin d’ac-cdlerer encore la marche des affaires,et d’assurer la prompte execution detoutes les mesures arrßtdes. A cet ef-fet, le general en chef fit nommer,dans le sein möme du gouvernement,une depulation ou commission sp6-ciale qui si£gea chez lui, et qu’il pr6-sidait lui-m6me; mais comme il sentitqu’il fallait toujours laisser aux Ligu-riens l’exercice du pouvoir, et ne pasleur enlever l’autoritd nationale, legouvernement resta Charge de la sanc-tion des arrötes pris par cette commis-sion.

C’est ä ce moment que le göndralMassena commenga a recueillir unepartie du fruit de toute sa conduitepolitique, militaire et administrative,depuis son arrivee ä Gßnes. La manieredont chacune de ses actions avait dtdcaractörisde, ce qu’il avait fait, et, au-tant que tout cela, ce qu’il avait cher-ch6 a faire; l’expedition eternellementglorieuse qu’il terminait, tout en unmot l’avait tellement entoure de l’es-time et de l’admiration generale, qu’ilse trouvait, par l’effet de l’opiniou,une force morale qui le mettait en etatd’executer, pour le salut de Gönes etcelui de l’armee, tout ce qui dtait liu-mainement possible : aussi son in-fluence, pendant les soixante jours dublocus, fut teile, qu’elle s’etendit ätout, et suppl^a ä tout. Elle valut äl’armöe une force double de celle quirdsultait du nombre de ses soldats; eilefit d6couvrir ou livrer tout ce qui exis-tait en comestibles; eile donna, äune population aussi uombreuse, et

qui aprös tout ne pouvait voir en nousque des etrangers, une patience quin’a jamais eu d’exemple, et que peut-6tre on eüt vainement attendue debeaucoup de vitles de France ; et eilefit supporter aux troupes les fatigues,la mauvaise nourriture, la misere ettous les fleaux qui les accompagnent.

L’on peut dire de lui qu’il se mulli-plia, qu’il multiplia tout autour de lui;et que, dans le nombre des problemesque ce blocus laisse ä resoudre, on re-marquera surtout celui de savoir com-ment, dans un pays oü, avant le blo-cus, il n’y avait pas de vivres pourtrois jours, il en trouva ensuite, et pen-dant le blocus le plus rigoureux, poursoixante, de möme qu’il retrouva desguerriers et des h6ros dans des soldatsqui semblaient ne plus pouvoir suppor-ter une marche.

L’homme ordinaire admirera ces rd-sultats sans les comprendre; l’hommeborne voudra douter de ce qu’il nepourra concevoir; mais l’homme pen-sant et judicieux rsconnaitra dans cesfaits les effets sublimes des grandesmesures et des grands exemples.

D’apres l’avis que l’ennemi prdpa-rait une escalade, le gendral en cheffit rassembler toutes les grenades quiexistaient dans les arsenaux de Gönes,et ordonna que, des le jour mdme, lessoldats employes ä la ddfense des ou-vrages et des forts, fussent exereds ä enfaire usage.

Quelques desordres commis dans*nos troupes donnerent, ä cette 6po-que, lieu ä l'adresse suivante :

« Soldats,

» L’on m’a dejä portö plusieurs fois» des plaintes relativement ä des voies» de fait et ä des pillages exerces par» quelques-uns d’entre vous; ces exces» viennent de se renouveler tres r