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Tome cinqième.
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STRATEGIE. 831

inerte ou passive, et la dbfense activeavec des retours offensifs. La premibrees! toujours pernieieuse; Ia secondepeut procurer de grands succes. Lebut d’une guerre defensive etant decouvrir le plus long-temps possible laportiou du territoire menacbe par l’en-nemi, il est evident que toutes les opb-rations doivent avoir pour but de re-tarder sesprogres, de contrarier sesentreprises en multipliant les difficul-tbs de sa marehe, sans neanmoinslaisser entamer sbrieusement sa pro-pre armbe. Celui qui se dbcide ä l’in-vasion le fait toujours par suite d unascendant quelconque; il doit cher-cher dbs-Iors un denouement aussiprompt que possible. Le dbfenseur,au contraire, doit le reculer jusqu’äce que son adversaire soit affaiblipar d§3 delachemeilS obligbs, parles inarches, les fatigues, les priva-tions, ete.

Une armbe ne se rbduit gubre ä unedbfense positive que par suite de re-vers ou d’une inferioritb flagrante.Dans ee cas eile cherehe, sous l’appuides places, et a la faveur des barribresnaturelles ou artificielles, les moyensde rbtablir l’bquilibre des chances, enmultipliant les obstacles qu’elle peutopposer n l’ennemi.

Ce Systeme, lorsqu’il n’est pas pous-sb trop loin, presente aussi d’heureu-ses chances, mais c’est dans le casseulement oü le gbneral qui se croi-raitobligb d’y reeourir, aurait le bonesprit de ne pas se reduire ä une de-fense inerte, c’est-ä-dire qu’il se gar-derait d’attendre sans bouger, dans lespostes fixes, tous le9 coups que l’en-Bemi voudrait lui porter; il faudraqu’il s’appliqne, au contraire, h redou-bler l’activitb de ses opbrations, et äsaisir toutes les occasions qui se pre-senteront de tomber sur les poinls

faibles de l’ennemi, en prenant i’ini-tiative des mouvemens.

Cc genre de guerre, que j’ai nornmeautrefois la defensive-offensive (1), peutbtre avantageux en Strategie eommeen tactique. En agissant ainsi, on sedonne les avantages des deux syste-mes, car on a ceux de Finiliative, etl’on est plus maitre de saisir l’instanl|oü il convient de frapper, lorsqu’onattend l’adversaire au milieu d’un echi-quier que Ton a prepare d’avance aucentre des ressources et des appuis deson propre pays.

Dans les trois premieres campagnesde la guerre de sept ans, Erbderie-le-Grand fut agresseur; mais dans lesquatre dernieres, il donna le vrai mo-dele d’une defense-offensive. Il tautavouer nbanmoiris qu’il fut rnerveii-leusement seconde par ses adversaires,qui lui donnerent ä l’envi tout le loisiret les occasions de prendre l’initiativeavec succes.

Wellington joua le mbme röle dansIa majeure partie de sa carriere enPortugal, en Espagne et en Belgique ,et c’btait en effet le seul qui convint üsa position. Il est toujours facile de fairele Fabius lorsqu’on le fait sur un terri-toire allib, que l’on n’a point a s’in-quieter du sort de la capitale ou desprovinces menacbes, en un mot, lors-qu’on peut consulter uniquement lesconvenances militaires.

En definitive, il parait incontestablequ’un des plus grands talens d’un ge-neral est de savoir empioyer tour ntour ces deux systemes, et surtout desavoir ressaisir l’initiative au milieumbme d’une lutte dbfensive.

(t) D’autre* l’ent ntmmfc difense active, cequi n’est pas aussi jusle, puisque la defensepourrait etre tres active sans dtre offensivepour cela; on peut ndanmoins adopter le mot,qui est le plus gramtnatical.