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Tome cinqième.
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STRATEGIE-

critiques ne raanqueront pas d’objec-!er que ceci ne s’accorde guere avec ceque j’ai dit ailleurs en faveur des fron-ijeres saillantes du cöte de l’ennemi,et contre les lignes d’operations dou-bles a egalitd de forces.

L’objection seraitplus specieuse quejusle, car le plus grand avantage d’unebase perpendiculaire resulte precise-ment de ce qu’elle forme ce saillantqui prendäreversune partie du theätredes operations. D’un autre cöt6, la pos-session d’une base h deux faces n’em-porte nullement l’obligation de les oc-cuper en forces toutes les deux; ilsuflit, au contraire, d’avoir sur l’unad’elles quelques points foriifiös avecun petit corps d’observation, tandisque l’on porterait tout le poids de sesforces sur l’autre faee, ainsi que celaeut lieu dans les campagnes de 1800et 1806. L’angle presque droit, formepar le Rhin depuis Constance a B4le,et de lä ä Kehl , offrait au general Mo-reau une base parallele, et une autreperpendiculaire ä celle de son antago-niste. II poussa deux divisions par sagauche sur la premiere de ces bases,vers Kehl , pour y attirer l’attention del'ennemi, tandis qu’il lila avec neuf di-visions sur l’extremite de la face per-pendiculaire du cöt6 de Schaffiiouse,ce qui l’amena en peu de marchesjusqu’aux portes d’Äugsbourg, aprdsque les deux divisions d6tach6es l’eu-rent d6jä rejoint.

Napoleon, en 1806, avait aussi ladouble base du Mein et du Rhin , for-reant presque un angle droit rentrant;

| il se contenta de laisser Moriiersur laface parallele, c'est-4-dire sur celle duRhin , pendant qu’avec toute la massede ses forces, il gagnait l’exträmitä dela face perpendiculaire, et prevenaitainsi les Prussiens ä Gera et ä Naum-bourg sur leur ligne de retraite.

Si tant de faits imposans prouventque les bases ä deux faces, dont Tun«seraitä peu pres perpendiculaire a cellede l’ennemi, sont les meilleures, il faulbien reconnaitre aussi que, dans lecas oü l’on manquerait d’une base pa-reille, on pourrait y suppiger en partiepar un changement de front strategi-que.

Une autre question non moins im-portante sur la meilleure direction ädoimer aux bases d’op^rations , estcelle qui se ratlache aux bases etabliessur les rives de la mer et qui ont aussidonne lieu a de graves erreurs, car autant elles sont favorables pour les uns,autant elles seraient redoulables pourles autres, ainsi qu’on a pu s’eri assurerpar tout ce qui precede. Le dangcrqu’il y aurait pour une armee conti-nentale ä ßlre refoulee »ur la mer a eldsi fortement Signale, que l’on ne sau-rait trop s’etonner d’entendre encorevanler les avantages des ba-es Stabilessur ses rivages et qui ne sauraient con-venir qu’ä une armee insulaire. Eneffet, Wellington venant avec sa flotteau secours du Portugal et de l’Espa-gne, ne pouvait adopter de meilleurebase que celle de Lisbonne , ou pourmieux dire celle de la presqu’ile deTorres-Vedas, qui couvre les seulesavenues de cette capitale du cöte deterre. Ici les rives du Tage et ceiles dela mer ne couvraientpas seulement sesdeux Ihnes, mais elles assuraient tn-rcore sa ligne de retraite qui ne pouvaitavoir lieu que sur ses vaisseaux.

S^duits par les avanlages que ec fa-rneux camp retranchj de Tories-Ve-dras avait procures sh general angi.iis,et ne jugeant que les effets sans re-monter aux causes, bien des gene-raux, fort savans d’ailleurs, ne vou-lurent plus voir de bonnes bases hor-mis edles qui, plac&?s sur les rives de