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Tome cinqième.
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STRATEGIE.

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la mer, procureraient ä l’armee de fa-ciies approvisionnemens, et desrefugesavec des tlancs ä l’abri de toute insulte.L’aveuglement futpnusse ä tel point,que ie genöral Pfuhl souteriait, en1812, que la base naturelle des Kussesetait ä Riga , blasphüme strategique.

Fascine par de semblables idees, lecolonel Carion-Nizas imprima , qu’en1813 Napoleon auraitdü plaeerla moi-tie de son armee en Bohüme, et jeterCent cinquante mille hommes aux bou-ches de l Elbe , vers Hambourg ! i! ou-bliant que la premiere regle, pour tou-tes les bases d’une armee continentale,est de s’appuyer sur le front le plusoppose a la mer, c’est-ä-dire sur celuiqui placerait l’armüe au centre de tousles elemens de sa puissance militaire etdesa population, dontelle se trouveraitseparee et coupee, si eile commettait’a faule grave de s’appuyer ä la mer.

Une puissance insulaire, agissantsurle continent, doit naturellement fairele calcul diametralement oppose, etcela pourappliquer neanmoins le inömeaxiöme, qui prescrit a chacun de cher-cher sa base sur les yoints ou il peut etresoulenu de tous ses moyens de guerre ettrouver en meine lemps un refuge certain.

Une puissance, forte ä la fois surterre comme sur mer, et dont les es-eadres nombreuses domineraient unemer voisiue du thöätre des opürations,pourrait bien encore baser une petitearmee de quarante ä cinquante millehommes sur le rivage, en lui assurantun refuge bien protögü et des appro-visionnemens de toute espece: maisdonner une pareille base ä des masses»ontinentales de Cent cinquante millehommes, engagees contre des forcesdisciplinöeset apeupres egales en nom-bre, ce serait toujours un acte de folie.

Cependant, comme toute maxime ases exceptions, il est un cas dans le-j

quel il peut ötre convenable de devierä ce que nous venons de dire, et deporter ses operations du cöld de lamer : c’est lorsqu’on aurait affaire hun adversaire peu redoutable en Cam-pagne, et qu’etant maitre decide decelte mer, on pourrait s’approviMon-ner aisement de ce c6te tar.dis qu’ilserait dilficile de le faire dans i’inte-rieur des terres. Quoiqu’il soit fort rarede voir ces trois conditions röunies, cefut neanmoins ce qui arriva dans laguerre de Turquie en 1828 et 1829.Toute l’attenlion fut fixöe sur Warnaet Bourgas , en se bornant a observerSchumla, Systeme qu’on n’eüt pas pusuivre en face d’une armee euro-pdenne, lors möme qu’on eüt tenu lamer, sans s’exposer a une ruine pro-bable.

Malgre tout, cette guerre fut assezbien conduite, ä quelques faules pres:on eut soin de se couvrir en s’assuranldes forteresses de Brailof, Warna etSilisirie, puis en se preparant un depötäSizispoli. Dös qu’on fut suflisarnmentbase, on poussa droit sur Andrinople ,ce qui auparavant eüt öte folie. Si l’onn’ötait pas venu de si loin, en 1828, ouque l’on eüt eu deux mois de bonnesaison de plus, tout eüt ete termine descette premiere Campagne.

Outre les bases permanentes, qui setrouveront ordinairement etablies surses propres frontieres, ou du moinsdans le pays d’un allie sur lequel onpourrait cornpter, il en est aussi d’e-ventuelles ou temporaires, qui depen-dent des operations entreprises en paysennemi: mais comme celles-ci sont plu-tütdespointsd’appui passagers, nous endirons quelques motsdansunarticle par-ticulier, afin d’üviter la confusion quipourrait resulter d’une similitude dedenomination.