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Tome cinqième.
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STRATEGIE. 857

imnortant, qu’il caractürise ä Iui seulune des nlus grandes qualitüs d’un ge-ndral en chef, eton me permettra d’enciter deux exemples pour me fairemieux comprendre.

Par exemple, si Napoleon, en 1800,apr&s avoir passü le Saint-Bernard, eütmarche droit'par Turin sur Asti ouAlexandrie , et qu’il eüt regu la bataiüeä Marengo saus s’ütre assure auparavantde la Lombardie et de la rive gauche duPö , il eüt ete coupü de sa ligne de re-traite plus completement queMelas dela sienne ; taudis qu’ayant au besoinles deux points secondaires de Casal etde Pavie, ducötü du Saint-Bernard, etceux de Savone et de Tende , du cötede l’Apennin , Napoleon avait, en casde revers, tous les moyens de rega-gner le Var ou le Valais .

De möme, dans la Campagne de 1806,s’il eüt marche de Gera droit a Leipzig ,et qu’il y eüt attendu l’armee prus-sienne revenant de Weimar , il eüt etecoupe de sa base du Rhin,aussi bienque le duc de Brunswick de celle de'Elbe; tandis qu’en se rabatlant deGera a l’ouest sur la dircction de Wei-mar , il pla§ait son front d’operationsen avant des trois routes de Saalfeld ,Scideiz et Hof, qui lui servaient de li-gnes de Communications, et qu’il cou-vrait ainsi parfaitement. Et si, ä la ri-gueur m6me, les Prussiens avaientimagine de lui couper ces lignes de re-traite, en se jetant entre Gera et Ba-reith, alors ils lui eussent ouvcrt sa li-gne la plus naturelle, la belle chaussüede Leipzig ä Francfort , outre les dixchemins qui mdnent de la Saxe par Cas-sel ä Coblentz, Cologne et müme We-sel . En voila assez pour prouver l’im-

(1) Qoand les fractions d’une arm^e sont dis—tantes de quelques marches seulement du gros,«t surtout lorsqu’elles ne ?ont pas des lindes a

portance de ces sortes de combinai-sons; revenons ä la suite des maximesannoneües;

k° Pour manoeuvrer sagement, ilfaut eviter de former deux armees in-dependantes sur une müme frontiere :un tel Systeme ne pourrait gufere con-venir que dans les cas de grande coa-litions, ou lorsqu’on aurait des forcesimmenses qu’on ne saurait faire agirsur une mßme zöne d’opürations sanss’exposer a un encombrement plusdangereux qu’utile. Encorc, dans cecas müme, vaudrait-il toujours mieuxsubordonner ces deux armees ä unmüme chef, qui aurait son quartier-güneral ä l’armee pnncipale;

5° Par suite du principe que nous ve-nons d’önoncer, ilest constantqu’ä for-ces egales, une ligne d’opürations sim-ple, sur une müme fron tiöre,aural’avantage sur une ligne d’opürations double;

6° Il peut arriver neanmoins qu’uneligne double devienne nücessaire, d’a-bord par la configuralion du thüätre dela guerre, ensuite parce que l’ennemien aura formü une lui-müme, et qu’ilfaudra bien opposer une partie de l’ar-mee ä chacune des grandes masses qu’ilaura formües;

7° Dans ce cas, les lignes intürieuresou centrales seront prüfürables ä deuxlignes extörieures, puisque l’armüe quiaura la ligne intörieure pourra fairecoopererchacune de ses fractions ä unplan combine entre elles, et qu’ellepourra ainsi rassemblcr le gros de sesforces avant l’ennemi, pour dücider dusuccös de la Campagne (1).

Une armee, dont les lignes d’opüra-tions offriraient de tels avantages, sc-rait donc ä müme, par un mouvement

sgir isolöment pour toute la Campagne, ce lontalors des posilions stratlgiques centrales «t nondes lignes d'opdrations.