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Tome cinqième.
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90 i OB LA GRANDE TACTIQUE ET DES BATAILLES.

vant-gardc. Cela ne vent pas dire qu'iln’en faille pas faire, car il faut tentertous les movens de se bien instruire;mais cela vcut dire qu’il ne faut pascompter sur leur resultat. II en est demdme des rapports des prisonniers deguerre, ils sont souvent uliles, et leplus souvent il serait fort dangcreuxd’y ajouter foi. En tout cas, un etat-major habile ne manquera pas de choi-sir quelques ofliciers instruits qui,chargüs de ce Service special, saurontdiriger leurs questions de moniere ädemüler parmi les reponses ce qu’ilpeut ötre important de savoir.

Lorsque les armees campaient sousla tente, presque enlibremenl reunies,alors les nouvelles de l’ennemi etaientplus certaines, car on pouvait pousserdes partis jusqu’en vue de leur camp,et les espions pouvaient rendre comptede tous les mouvemens de ces camps.Mais avec l’organisation actue'.le encorps d’armde qui cantonnent ou bi-vouaquent, la chose est devenue pluscompliqude, plus embarrassante, et enresultat presque nulle.

L’espionnagcpeutrendrenöanmoinsde bons Services lorsque l’armee del’adversaire est conduile par un grandcapitaineou un grand souverain, ruar-chant toujours avec la majeure partiede ses forces et rüserves. Tels etaient,parexemple, l’empereur Alexandre etNapoleon; lorsqu’on parvenaitäsavoiroü ilsavaient passü et quelle direction ilsprenaient, ön pouvait, saus s’arröterau detail des autres mouvemens, ju-ger a peu prbs le projet qu’ils avaienten vue.

Un general habile peut supplüer äl’insuflisance de tous ces moyens pardes hypotheses bien posees et bien re-solues d’avance, et, je puis Ic dire avecune certaine satisfaction, ce rnoyen nem’a presque jamais nianque, et je nie

suis rarement trompü en v ayant re-cours.

Il nous reste ä dire aussi ce que l’onpeut obtenir ä l’aide des signaux. Il yen a de plusieurs sortes, etä la tüte detoutes on doit naturellement placer lestelegraphes. Ce fut ä l’idee qu’il eutd’etablirune ligne telegraphiqueentreson quartier-general et la France , queNapoldon fut redevable de ses eton-nans succes de Itatisbonne,en 1809.11se trouvait encore ä Paris quand l’ar-mee autrichienne franchit l'Inn , versBraunau, pour envahir la Baviere etpercer ses cantonnemens. Instruit envingt-quatre heures de ce qui se pas-sait ä deux cent cinquanle lieues delui, il se jette aussitöt en voiture, etbuit jours aprös ilötait vainqueur dunsdeux batailles sous les murs de Ratis-bonne; sans le telegraphe la Campagneetait perdue: ce trait sufllt pour en ap-prdeier l’importance.

Un essaid’uneautrenalure fut teilteen 1794, ä la bataille de Fleurus , oülegeneral Jourdan se servit d’un aeros-tat pour reconnaitre et signaler lesmouvemens des Aulrichiens. Je nesais s’il eut lieu de s’applaudir de cetessai, qui ne fut plus renouvele, bienqu’on ait pretendu dans le temps qu’ilavait coneouru a la victoire, ce dont jedoute fort. 11 est probable que la diffi-culte d’avoir un aerostat tout pröt iifaire son ascension au momentou celaserait opportun, celle de bien observerce qui se passe ici-bas quand on estainsi aventure dans les airs, et l insta-biiite des vents, ont pu faire rerioncera ce moyen. En mainlenant le ballonä une blevation peu considerable, eny pla^ant un officier capable de bienjuger les mouvemens de l ennemi, eten perfectionnunt le petit nombre designaux qu'il faudrait en attendre. ilest des circonstances oü l’on en tirerait