DB L’ART DE LA GUERRE.
tions particulieres. Apres un tel aveu,qu’on n’altribue mes reflcxions ni äl’inimitiö personnelle, ni ä l’envie; lacause en sera tout entiöre dans l’in—teröt de l’art.
Le principe fondamental de toutesles combinaisons militaires consiste äaperer, avec ia plus grande masse deses forces, un effort combinö sur lepoint döcisif.
On comprendra bien qu’un gönerallabile, avec soixante mille hommes,peut en battre Cent mille, s’il parvientä mettre cinquante mille hommes enaction sur une seule partie de la ligneennemie. La supöriorite des troupesnon cngagöesdeiient enpareilcas plusnuisible qu'avanlageuse; car eile nefait qu’augmenter le dösordre, commeIa bataille de Leuthen l’a prouve.
Les moyens d’appliquer cette maxi-me ne sont pas tres nombreux; je vaisessayer de les indiquer. Le prcmiermoycn est de prendre 1’initialive desmouvemens. Le genöral qui reussit hmettre cet avantage de son cöte, estmaitre d’employer ses forces oü il jugeconvenable de les porter; celui, aucontraire, qui attend I’ennemi, nepeut ötre maitre d’aucune combinai-son, puisqu’il subordouie ses mouve-mens ä ceux de son adversaire, et qu'ilu’est plus ä temps d'arröter ceux ci,iorsqu’ils sont en pleine exöculion. Legönöral qui prend l’initiaüve sait cequ’il va faire; il cache sa marche, sur-prend et accable une extremite, unepartie faible. Celui qui attend est battusur une de ses parties, avant mömequ’il soit informö de l’attaque.
Le second moyeu est de dirigerles mouvemens sur ia partie faible laplus avantageuse. Le choix de cettepartie depend de la posilion de I’en-nemi. Le point le plus important seratoujours celui dont l’oecupation pro-
curera les plus favorablesgrands rösultats. Teiles seiexemple, les positions qui ttä gagner les Communications de fnemi avec la base de ses opöratiä le refouler sur un obstacle insutable, comme une mer, unfleuve sans pont, ou une grande psance neutre.
Dans les lignes d’opörations doulet mcrcelöes, c’esl sur le poin'tre qu’il convient de diriger ..ques; en y portant la masse tu.forces, on accable les divisions isolee.qui les gardent. Les corps morcelös fdroite et a gauche ne peuvent plusopörer de concert et sont forcös ä desretraites excentriques, dont les armdesde VVurmser, de Mack et du duc deBrunswick ont öprouve les terribleseffels. Dans les lignes d’operalionssimples et dans les lignes de batailleconligues, les points faibles sont aucontraire les exlrömitös de la ligne.En effet, le centre est ä portöe d’ötresoutenu simultanöment par la droite etla gauche; au lieu qu’une extrömitöattaquee serait accablöe avant que lesmoyens suffisans fussent arrivös del’autre aile pour la soutenir, car cesmoyens seraient beaucoup plus öloi-gnös et ne pourraient ötre employesque les uns aprös les autres.
Une colonne profonde, attaquee sursa töte, est dans la mfime Situationqu’une ligne altaquöe sur son extre-mitö ; elles seront l’une et l’autre en-gagöes et battues successivement ,comme cela a ölö ddmontre par lesdefaites de Rosbach, d’Auerstedt. Ce-pendant il est plus facile de faire denouvelies dispositions avec une co-lonne en profondeur, qu’avec une li-gne de bataille qui se trouverait atta-quee sur une extremite.