DE L’ART DE
traire, lorsqu’on a des masses fort su-perieures ä celles de l'ennemi, de faireattaquer ses deux extrdmites; on par-vient ainsi ä mettre en action plus demonde que lui sur chacune de sesailes, tandis qu’en gardant des forcestr6s supdrieures massees sur un sculpoinl, l’adversairepourraiten ddployeret faire combattre un nombre egal. IIfaut avoir soin, dans ce cas, de porterle gros de ses forces sur l’aile oü l’at-taque promettrait un succfes j.lus de-cisif: c’est ce que nous avons ddmon-tre par la relation de la bataille deHochkirch , dans laauerre de sept ans(chap. xn).
Pour opdrer un effort combindd’une grande masse sur un seul point,il importe, dans les mouvemens stra-t6giques, de tenirses forces rassembleesSüf UH espace ä peu prös carrd, afinqu’elles soient plus disponibles (1). Lesgrands fronts sont aussi contraires nuxbons prineipes que les lignes moree-lees, les gnnds detachemens et les di-visions isolees hors d’etat de se sou-tenir.
Un des moyens les plus efficaeespour appliquer le principe general quenous avons indiqud, est celui de fairecoinmeUre ä rennereii des fautes con-traires ä ce principe. On peut, avecquelques petits corps de troupes le-geres, lui donner des inquidtudes surplusieurs points importans de ses com-municaiions. II est vraisemblable que,ne connaissant pas leur force, il leuropposera des divisions nombreuses etmorcellera ses masses; ces troupes 16-geres contribuent d’ailleurs ä dclairerparfaiteraent l’armde.
(1) On n’enlend pas par lä qu'il faille formerune coloune csrröe pleine, mais que les batail-lons soient disposis sur un terrain de manierek pouvoir arriver, avee la meme promptitude,de lous les points, vers celui qui serait attaqud.
Il est bien importantprend l’initiative d’un mou\cisif, de ne riet) ndgliger poetruit des positions de l’enn ....mouvemens qu’il pourrait faire,pionnage est un moyen utile ä lation duquel on ne saurait donnde soins; mais ce qui est plus es:encore, c’est de se faire bien 6ipar des partisans. Un general doitmer de petits parlis sur toutes' "tions, et il faut en multiplieibre avec autant de soin qu’once Systeme dans les grandes operatioiOn organise ä cet eilet quelques graudes divisions de cavalerie 16g6re, q<n’entrent point dans les cadres dcombattans. Opdrer sans ces precau-tions, c’est marcher dans les tendbreset s’exposer aux chances desastreusesque produirait un mouvemciit secretde l’ennemi. On les a trop n6glig6es,on n’organise pas assez ä l’avunce lapartie de l’espionnage; et les officiersde troupes 16g6res n’ont pas toujoursl’expdrienee ndeessaire pour conduireleurs detachemens.
Il ne sullit pas, pour bien opdrer •ä la guerre, de porter habilement sesmasses sur les points les plus impor-tans, il faut savoir les y engager. Lors-qu’on est etabli sur ces points, et qu’ony reste dans l’inaction , le principe estoublid. L’ennemi peut faire des contre-manceuvres, et, pour lui öter ce moyen,Iil faut, des qu’on a gagnd ses Commu-nications, ou une de ses extrdmites,marcher a lui et combattre. C’est alorssurtout qu’il faut bien combiner l’em-ploi simultane de ses forces. Ce ne sontpas les masses presentes qui decident desbaiailles , ce sont les masses agissantes.Les premidres decident dans les mou-vemens preparatoires de Strategie , lesdernieres determinent le succes del’action.