tal m jna sa flotte en Corso, manocuvramalheureusement, et perdit plusieursfregates et vaisseaux de haut-bord,entre autres le Vengeur, vaisseau toutneuf de quatre-vingts canons, quitoucha en entrant 4 Ajaccio . Ce-pendant cet amiral, croyant pouvoirsufflre 4 tout, ne s’dtait point occupedu soin de designer le g6neral qui de-vait commander les troupes 4 terre;ce qui dtait pourtant l’operation laplus importante etla plus döcisive pourl’expeditiou. II trouva en Corse le ge-neral de brigade Casa-Bianca, depuiss6nalcur, brave homme, mais saus ex-perience, qui n’avait jamais serYi dansles troupes de lighe : l’amiral, saus leconnaitre, le prit aveolui et lui donnale commandement des troupes. C’estavec de teile« troupes et de tels g6n6~raux que l’expedition se dirigea surGagliari.
Cependant, comme cette escadreavait s6journ6 plus de deux mois enCorse, et que d’ailleursleplan de Tex*pödition etait public dans le port deMarseille, toute la Sardaigne fut enalarme, toutes sestroupes furentmisessur pied, et toutes les dispositions pri-ses pour repousser cette attaque.
Dans le courant de fövrier 1793, lestroupes de l’expedition fran<;,aise fu-rent inises 4 terre malgre le feu desbatteries, qui delendaient les plagesde Gagliari. Le lendemain, 4la poinledu jour, un rögiment de dragons sar-des chargea les avant-postes marseil-lais, qui, au lieu de tenir, prirent lafuite en criant 4 la trahison : ils mas-sacrerent un bon officier de la ligne,qui leur avait ete donne pour les con-duire. Ce regiment de dragons auraitenlevd toute la phalange marseillaise;mais les trois bataillons de la ligne, ve-nant de la Corse, arröterent cettecbarge, et donnerent le temps 4 k’q-
miral de venir rembarquer ses troupessans aucune perte. L’amiral regagnaToulon , apres avoir perdu plusieursvaisseaux, qu’il brüla lui-möme sur lesplages de Gagliari.
Cette expeditiön ne pouvait avoiraucun but; eile eut lieu sous pre-texte de faciliter l’arrivce des bles del’Afrique en Provence , oü l’on enmanquait, et m6me de s’en procurerdans cette fle abondante en grains.Mais alors le conseil exoeutif auraitdu faire choix d’un oflicier-g6neralpropre a ce commandement, lui don-ner les officlers d’artilleric et de gcnienecessaires : il aurait fallu quelquesescadrons de cavalerie et quelquescbevaux d’artillerie ; et Ce n’ötaitpoint des levees rövölutfonnaires qu’ilfallait y envoyer, mais bien 15,000hommes de bonties troupes.
On rejeta depuis la faute sur le gd~n£ral commandant l’armöe d’IIalie, etce Tut 4 tort: ce götieral avait dösap-prouve l’expedition; et il avait agiconformement aux interöts de la re-publique, en conservant les troupesde ligne pour döfendre la frontiere etle comtd de Nice . Il fut jugd, et il p£-rit sur l’dchafaud sous le pretexte detrahison, tant en Sardaigne qu’4 Tou-lon ; il dtait aussi innocent d’un cöteque de l’autre,
L’escadre dtait composöe de bonsvaisseaux, les equipages complets, lesmatelots habiles, mais indisciplines etanarchistes, 4 la maniöre de la pba-lange marseillaise, se. reunissant enclnbs et societ^s populaires: ils d<$li-böraient et pesaient les intdröts de lapatrie; dans tous les ports, ils signa-
laient leur arrivee en voulant pendrequelques citoyens, souspr6texte qu’ilsdlaient nobles ouprfetres: ils portaientpartout la terreur.