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Tome sixième.
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bienfait iz Vinondation du 'Nil. Saus jdoute, si la vallee offrait une surface jde m§me nature que celles de nos ter -1Tes de France , eile ne pourrait nour-1r * r plus de quatre ä cinq millions d’in-dividus. Mais il y a en France , desmontagnes, des sables, des bruyeres ,des terres incultes, tandis qu’en E-Syple, toutproduit. A cette considera-t'on il fautajouter que la vallee du Nil ,fecondee par les eaux, le timonctlaehaleur du climat, est plus fertile queuos bonnes terres, et que les deuxl‘ers ou les trois quarts de la France sont de peu de rapport. Nous soramesd’ailleurs fondds ä penscr que le Nil fücondait plusieurs Oasis.

Si l’on suppose que tous les canaux,9ui saignent le Nil pour en porter lese aux sur les terres, soient mal entrete-uus ou bouclies, son cours sera beau-coup plus rapide, l’iuondation s’eten-dra rnoins, une plus grande massed’eäu arrivera ä la mer, et la culturedes terres sera fort reduite. Si Vonsuppose au contraire, que tous les ca-naux d’irrigation soient parfaitementsaignes, aussi nombreux, aussi longs,et profomls que possible, et dirigespar l’art, de maniere ä arroser en toussens une plus grande etendue de de-sert, on conQoit que tres peu des eauxdu Ni\ se perdront dans la mer, et queles inondations fertilisant un terrainplus vaste, la culture s’augmentcradans la möme proportion. U n’est doncaueun pays oü l’administratiori aitplus d’influence qu’en Egypte sur l’a-griculture, et par consequent sur laPopulation. Les plaines de la Reauceet de la Brie sont feeondees parl’arrosement regulier des pluies; l’ettetde l’administration y est nul sous cer apport. Mais, en Egypte , oü lesIrrigations ne peuvent 6tre que iac-tlc es, V administration est tont. Bonne,

eile adopte les meilleurs reglemensde police sur la direction des eaux,l’eniretien et la construction des ca-naux d’irrigation. Mauvaise, partialeou faible, eile favorise des localitds oudes proprietes particulieres, au de-triment de l’interüt public, ne peut rü-primer les dissensions civiles des pro-vinces, quand il s’agit d’ouvrir degrands canaux, ou enfin, leslaisse tousse degrader; il en resulte que l’inon-dation est restreinte, et par suite l’e-tendue des terres cultivables. Sous unebonne administration, le Nil gagne surle desert; sous une mauvaise, le desertgagne sur le Nil, En Egypte, le Nil oule genie du bien, le desert ou le geniedu mal, sont toujours en presence ; etTon peut dire que les proprietes y con-sistent moins dans la possession d’unchamp , que dans le droit fixe par lesreglemens generaux d’administration ,d’avoir ä telles epoques de l’annee etpar tel canal, le bienfait de l’inonda-tion.

Depuis deux Cents ans, l’Egypte asans cessc düeru. Lots de l’expeditiondes Franpais, eile avaitencore de deuxmillions cinq cent mille ä deux mil-lions huit Cent mille habitans. Si eilecontinue ä etre regie de la mömemaniere, dans cinquante ans eile n’enaura plus que quinze cent mille.

En construisant un canal pour deri-ver les eaux du Nil dans la grande Oa-sis , on acquerrait un vaste royaume.Il est raisonnable d’admettre que duternps de Sesostris et de Ptolemee ,l’Egypte ait pu nourrir douze a quinzemillions d’liabitans, sans lc secours deson commerce et par sa seule agricul-tuve.

§ III.

L’Egypte se divise en baute, moyen*