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MEM01KES 1)E NAPOLEON.
montagnes de 1 wtfyssinie, conle du sudau nord, et se jette dans la Medilerra-n6e, apres avoir parcouru l’Abyssiriie,les deserts de la Nubie, et l’Egypte .Son coursestde huit Cents lieues, dontdeux cents sur le territoire egyptien .II y entre ä la hauteur de l’ile d’Ellileou d’Elephantine , et fertilise les de-serts arides qu’il traverse. Ses iuon-dations sont regulieres et productives:rögulieres, parce que ce sont les pluiesdu tropique qui les causent; producti-ves, parce que ces pluies, tombant partorrens sur les montagnes de l’Abys-sinie , couvertes de bois, entrainenta-vec eiles un Iimon fecondant que leNil döpose sur les terres. Les venlsdu nord regnent pendant la crue dece fleuve, et, par une circonstance fa-vorable ä la fertilite, cn retiennentles eaux.
En Egypte il ne pleut jamais. Laterre n’y produit que par l’inondationreguliere du Nil . Lorsqu’elle est haute,l’annee est abondante; lorsqu’elle estbasse la recoltc est mödiocre.
II y a cent cinquante lieues de Eile d’Elöphantinc au Gaire, et cclte valide,qu’arrosc le Nil , a une largeur moyen-ne de cinq lieues. Apres le Gaire, cefleuve se divise cn deux branclics, etforme une espece de triangle qu’ilcouvre de ses döbordemens. Ge trian-gle a soixante lieues de base, depuisla tour des Arabes jusqu’ä Peluse, etcinquante lieues de la mer au Gaire;un de ses bras se jette dans la Medi-lerranee, pres de Rosette; l’aulre,pres de Damielte. Dans des temps plusrecules, il avait sept embouchures.
Le Nil commencc a s’elever au sols-tice d’et6; l’inondalion croit jusqu’ä1’c‘quiiioxe, apräs quoi eile diminueprogressivement. G’est donc entresoptembre et mars, que se font tousles travaux de la Campagne, Le pny.
sage est alors ravissant; c’est le tempsde la floraison et celui de la moisson.La digue du Nil se coupe au Gaire,dans le courant de septembre, quel-quefois dans les premiers jours d’oe-tobre. Apres le mois de mars, la terrese gcrce si profondement, qu’il estdangereux de traverser les plaines 4clieval, et qu’on ne le peut faire 4 piedqu’avec une extrGme fatigue. Un soleilardent, qui n’est jamaistempärä ni pardes nuages, ni par de la pluie, brületoutes les herbes et les plantes, hor-mis celles qu’on peut arroser, C’est 4cela que l’on attribue la salubrite deseaux stagnantes, qui se conservent ence pays dans les bas fonds. En Euro-pe, de parcils marais donneraient lamortpar leurs exhalaisons; en Egypte ,ils ne causcnt pas mßme de fievres.
§ II.
La surface de la vallee du Nil , teilequ’elle vient d’ötre decrite, equivaut äun sixieme de l’ancienne France ; cequi ne supposerait, dans un etat deprosp6rite, que quatre ä cinq millionsde population. Cependant les histo-riens arabes assurent que, lors de laconqufite par Amroug, l’Egypte avaitvingt millions d’habilans et plus devingt mille villes. 11s y comprenaient,il est vrai, independamment de la val-lee du Nil , les Oasis ( a ) et les dösertsappartenant ä l’Egypte .
Gette assertion des historiens ara-bes ne doit pas 6tre rangee au nombredes anciennes traditions qu’une cri-tique judicieuse desavoue. Une bonneadministration et une population noui*breuse pouvaient etendre beaucoup l e
(i a) Les Oasis sont des parties du desert oül’on trouve un peu de Vegetation. Co sonteonim« An-- Ue;- den» une morde a«We*