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Tome sixième.
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EGYPTE. — BATAILLE BES PYUAM1BES.

Partie de la nuit se passa ä parcourirdans tous les sens cette singuliere mai-son. Les jardins etaient remplis d’ar-br es magnißques, mais ils etaient sansab ^es, et ressemblaient assez aux jar-di[ >s de certaines religieuses d’ltalie.

qui fit le plus de plaisir aux sol-lte, car chacun y accourut, ce furentde grands berceaux de vignes, char-des plus beaux raisins du monde.ba vendange fut bientot faite.

Les deux divisions Bon et Menou,qai etaient restees dans le camp re-tranche, etaient aussi dans la plusgrande abondance. On avait trouvddans les bagages nombre de cantinesr emplies d’oflice, de pots de confitu-r e, des sucreries. On rencontrait äOiaque instant des tapis, des porce-laines, des cassolettes et une foule dePctits meubles ä l’usage des Mume-lucks, qui excitaient notre curiosite.L’armee commenpa alors ä se recon-cilier avec l’Egypte , et ä croire enfinque le Caire n’etait pas Damanhour.

8 viii.

Le lendemain, ä la pointe du jour,Napoleon se porta sur la riviere, ets’emparant de quelques barques, il fitpasser le general Yial avec sa divisiondans l’ile de Ilodah. On s’en renditmaitre apres avoir tire quelquescoups de fusil. Du momcnt oü l’on eutpris possession de l’ile de Rodah etplace un bataillon dans le mekias etdes sentinelles le long du eanal, leNil dut ötre considere comme passe;on n’etait plus separe de Boulac et duvieux Caire qüe par un grand canal.On visita l’enceinte de Gizeh , et ontravailla sur-le-cliamp a en fermer lesPortes. Gizeh etait environue d’unemuraille assez vaste pour renfermerfous nos etablissemens, et assez forte

pour contenir les Mamelucks et lesArabes. Nous attendions avec impa-tience l’arriv6e de la flottille; le ventdu nord soufflait comme a l’ordinaire,et cependant eile ne venait pas! LeNil etant bas, l’eau lui avait manque,les bätimens etaient engraves. Le con-tre-amiral Perre fit dire qu’on nedevait pas compter sur lui, et qu’il nepouvait designer le jour de son arri-vee. Cette contrariete etait extreme,car il fallait s’emparer du Caire dansle premier moment de stupeur, aulieu de laisser aux habitans, en per-dant quarante-huit heures, le tempsde revenir de leur epouvante. Heu-reusement qu’ä labataille, ce n’etaientpas les Mamelucks seuls qui avaient6td vaincus, les janissaires du Caire ettout ce que cette ville contenait debraves et d’hommes armüs y avaientaussi pris part et etaient dans la der-niere consternation. Tous les rapportssur cette affaire donnaient aux Fran-cais un caractere qui tenait du mer-veilleux.

§ IX.

Un drogman fut envoye par le gd-neral en chef vers le pacha et le cadi-scheik, iman de la grande mosquee,et les proclamations que Napoleonavait publiees ä son entree en Egypte furent repandues. Le pacha etait dejaparti, mais il avait laisse son kiaya.Celui-ci crut de son devoir de vcnir aGizeh , puisque le general en chef de-clarait que ce n’dtait pas aux Turcs,mais aux Mamelucks qu’il faisait laguerre. Il eut une Conference avecNapoleon, qui lo persuada. C’etaitd’ailleurs ce que ce kiaya avait demieux i faire. En cedant ä Napoleon,il entrevoyait l’esperance de jouer ungrand röle et de bätir sa fortune, En