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MEM01KES DE NAPOT.KON.
11 etait nuit lorsquc les trois divi-sions Resaix, Rögnier ct Rugua revin-rent ä Gizeh. Le general en chef y pla-f,a son quartier-göneral dans la maisonde Campagne de Mourah-Bey.
§ VI.
Les Mamelucks avaient sur le Nil une soixantaine de bälimens, chargesde loules leurs richesses. Voyant l’is-sue inopinee du combat, et nos canonsdejä places sur Ie fleuve au-delä desdöbouches de l’ile de Kodali, ils pcrdi-rent l’esperance de les sauver, et ymirent le feu. Pendant toute la nuit,au travers des tourbillons de flammesct de fumee, nous apercevions se des-siner les minarets et les edifices duCaire et de la ville des Morts. Cestourbillons de Hammes öclairaient tel-lement, que nous pouvions deeouvrirjusqu’aux Pyramides.
Les Arabes, selon leur coutumeapres une ddfaite, se rallierent loin duchamp de bataille, dans le dösert au-dela des Pyramides.
Rurant plusieurs jours, toute l’ar-mee ne tut occupöc qu’ä pßcher lescadavres des Mamelucks ; leurs armesqui ötaient precieuses, laquantitö d’orqu’ils etaient accoutumes ä porteravec eux, rendaient le soldat trös zelepour cette recherche.
Notre llollille n’avait pu suivre lemouvement de l’armee, le vcnl luiavait manquö. Si nous l’avions eue, lajournöe n’eüt pas etc plus deeisive,mais nous aurions fait nrobablementun grand nombre de prisonniers. etpris toutes les richesses qui ont ete laproie des Hammes. La llottille avaitentendu notre ranon, malgre le ventdu nord qui soulllait avec violence. Amesure qu’il se calma, le bruil du Ca-non allnit augmentanl, de sorle qu’ä
la fin il paraissait s’ötre rapproehöd’elle, et que le soir les marins cru-rent la bataille perdue ; mais la multi-tude de cadavres qui passerent pres deleurs bätimens, et qui tous EtaientMamelucks, les rassura bientöt.
Ce ne fut que long-temps apres safuite que Mourah-Bey s’apen;ut qu’iln’ötait suivi que par une partie de sonmondc, et qu’il reconnut la fautequ’avait faite sa cavalerie, de resterdans le camp retranche. II essaya plu-sieurs charges pour lui rouvrir le pas-sage, mais il ötait trop tard. Les Ma-melucks , eux-memes, avaient la ter-reur dansl’äme, et agirent mollement.Les destins avaient prononcö la des-truction de cette brave et intrepidemilice, sans contredit l’elite de la ca-valerie d’Orient. La perte de l’ennemidans cette journöe peut etre evaluöeä dix mille hommes restös sur lechamp de bataille ou noyös, tant Ma-melucks , que janissaires, miliciens duCaire et esclaves des Mamelucks . Onlit un millicr de prisonniers, et l’ons’empara de huit ä ncuf cents cha-meaux et d’autant de chevaux.
S VII.
Sur les neuf heures du soir, Napo-leon entra dans la maison de Campa-gne de Mourah-Bey, ä Gizeh . Ces sor-tes d’habitations ne ressemblent enrien ä nos chäteaux. Nous eümesbeaucoup de peine ä nous y loger, etä reconnaitre la distribution des diffe-rentes pieces. Mais ce qui frappa ledIus agröablement les officiers, ce futune grande quantite de coussins et dedivans couverts des plus beaux damasct des plus belles soieries de Lyon , etornes de franges d’or. Pour la pre~miere fois, nous trouvämes en Egypte le luxe et les arts de l’Europe . Une