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Tome sixième.
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MEMOIKES DE NAPOLEON .

enfin, contre toute probabilite, le suc-cös de la Campagne 6tait douteux, ilne remplirait pas du moins le but quese proposait le ministere anglais ; il luifaudrait donc continuer, pendant plu-sieurs annees, d’iminenscs subsides,car il ne pouvait espürer d’arracher laBelgiquea la France que par la röunionde la llussie et de la Prusse ou dumoins d’une de ces deux puissances ala coalition. Or ce rösultat politique nepouvait pas ötre obtenu par la Cam-pagne de 1800. Il ne fallait donc pascourir les chances de cette Campagne.

3° L’interöt de la röpublique ötaitTopposö de celui de l’Angleterre; si eileeüt fait la paix dans cette circonstance,eile Teilt faite apres une Campagnemalheureuse, eile eüt rötrogradö parl’effet d’une seule Campagne, cela eütetö un döshonneur et un encourage-ment aux puissances de sc coaliser denouveau contre eile. Toutesles chancesde la Campagne de 1800 lui ötaientfavorables : les armöes russes quit-taient le thöütre de la guerre ; la Ven-dee pacifiöe rendait disponible unenouvelle armee; les factions ötaientcomprimöes dans Tintörieur, la con-(iance ötait entiöre dans le chef del'ötat. La röpublique ne devait faire lapaix qu’apres avoir rötabli Töquilibrede TItalie; eile ne pouvait, sans com-promettre ses destins, signer une paixmoins avantageuse quecelle de Campo-Formio.

A cette öpoque la paix eüt perdu laröpublique, la guerre lui ötait nöces-saire pour maintenirl’energie etl’unilödans l’ötat, qui ötait mal organisö; lepeuple eüt exige une grande röductiondans Timpöt et le licenciement d’unepartie de Tarmöe; de sorte qu’aprösdeux ans de paix, la France se füt prö-sentcc avec un grand desavantagc surle cbamp de bntaillc.

4 0 Napoleon avait alors besoin deguerre: les campagnes d’Italie , la paixde Campo-Formio, les campagnes d’E-gyple, la journee du 18 brumaire, To-pinion unanime du peuple pour Töle-vera la supröme magistrature, l’avaientsans doule placö bien baut; mais untraitö de paixqui eüt derogö a celui deCampo-Formio, et eüt annule toutesses creations d’Italie , eüt lletri lesimaginations, et lui eüt öte ce quilui etait uöcessaire pour terminer larövolution et etablir un Systeme döli-nitif et permanent; il le sentait; ilattendait, avec impatience, la röponsedu cabinet de Londres . Cette röponsele remplit d’une secrete satisfaction :plus les Crcnville et les Cliatam secomplaisaicnt äoutrager la revolutionet ä montrer ce möpris qui cst l’apa-nage hereditaire de Toligarchie, plusils servaient les intürßts secrets de Na-polöon, qui dit ä son ministre : « Cettereponsc ncpouvait pas nous etreplus favo-rable. » 11 pressentait des lors qu’avecdes poliliques sipassionnös, il n’eprou-vcrait pas d’obstacles a remplir sesliaules destinees. Pitt, si distingued’ailleurs par ses talens parlementai-res et ses connaissances de Tadminis-tration intörieure, ötait dans la plusparfaite ignorance de ce qu’on appellepolitique ; cn g6nörnl les Anglais n’en-tendent rien aux atfaires ducontinent,surtout ü celles de France .

La gloirc de la France a öte portecau plus haut poinl; toute l’Europe luietait soumise, et le ministöre anglais a ötö obligö, peu de mois apres s’ötrepermisdes döclamations si injurieusesau peuple et ü la nation fraiq:aise, designer la paix d’Amiens. La France ,reconnue maitrcsse de toute TItalie, *fait une paix plus avantageuse quecelle de Campio-Formio, puisqu’elle ya gagne le Piömonl et la Toscane ; et