325
NOTES ET MELANGES.
<lue les guerres civiles au lieu d’afl'ai- I^*r, retrempent et aguerrissent lesP e uples ; et lorsque le moment seraitarrive de retablir l’autorite de la rae-tro Pole, on aurait eu affaire ä desh °ßnnes plus redoutables; 3° parce
, sicette guerre civile continuait,
^ es habitans perdraient toute espece^ habitude du travail, et la colonie,le Peuquüui restait de son ancienneP r osp6rite. Ainsi la morale et la poli—etaient ici d’accord pour arrßtera " prealable l’effusion du saug fran-Wis; mais quel moyen fallait-il em-ployer ? Le directoire avait tente d’e-tablir le statu quo entre les deux partis;les passions qui animaient les noirs etles hommes de couleur, etaient tropviolentes pour ülrecontenues, lorsquela metropole n’avait aucun moyen devepression; les liommes de couleurEtaient sans doute plus braves, plusaguerris que les noirs: mais ils etaientsi inferieurs en nombre, qu’il etaitfacile de prevoir l’dpoque oü ils suc- |comberaient. Le triompbe des noirsaurait ete marquepar l’egorgement etla deslruction totale des hommes decouleur , perte irrbvocable pour lametropole, qui ne pouvait esperer deretablir son autorite qu’en se servantde l’induence de ceux-ci contre lesuoirs.
Le premier consul resolut donc d’ap-puyerleplus fort, derelirerles pou-■voirs qu’avait lc general ltigaud, de lerappeier en France , de desarmer leshommes de couleur, d’etendre lespouvoirs de Toussaint sur toute la co-lonie , de le nommer general en dielde Saint-Domingue , et de donnertoute sa conßance aux noirs.
Le colonel Vincent, directeur dest'orlifications de Saint-Domingue , etaitfort avant dans la confiance de Tous-saint, dont ii ülaitle Charge d’affaires:
il se trouvait alors ä Paris . Le premierconsul le fit appeler , lui fit connaitresa partialite pour les noirs, sa con-fiance entiere dans le caractere deToussaint, et le renvoya dans la colo-nie , porteur: 1° du decret qui nom-mait Toussaiut-Louverture, generalen clief de Saint-Domingue ; 2° de laConstitution de l’an VIII; 3 U d’uneproclamation aux noirs, oü il leur di-sait : Braves noirs, souvenez-vous que laFrance seule reconnait volre liberte ! Iljoignit au colonel Vincent deuxautrescommissaires. Cette Commission tutchargee de prendre toutes les mesuresnbeessaires pour retablir le calme etfaire cesser les lioslilitbs. Cette sagepolitique eut les plus lieureux eflets.Rigaud repassa en France , les hommesde couleur poserent les armes, l’au-torite des noirs fut reconnuesanscon-tradiction dans toute la colonie; ils selivrerent k l’agriculture, la colonie pa-rat un momentrenaitre desescendres;les blancs- furent proteges; les hom-mes de couleur müme, garantis parl’infiuence morale de la metropole,respirerent et se remirent des pertesqu’iis avaient faites. Les annbes 1800et 1801 furent deux annees de prospe-rile pour la colonie; l’agriculture, leslois, le commerce, refleurirent sous legouvernement de Toussaint-Louver-ture; 1’autoritb de la metropole recon-nuc et respectee (au moins en appa-rence), Toussaint-Louverturc rendaitcompte exactement tous les mois aüministre de la marine.
* Cepcndant les vraies dispositionsdes chefs des noirs ne pouvaient pasechapper au gouvernement fran?ais.Toussaint continuait a avoir des inlel-ligences secretes ä la Jarnaique et üLondres ; ilse permettait dans son ad-minislration des irregularites qui nepouvaient pas £tre aUribuees ä l’igno-