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Tome sixième.
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326 MHM01RES DE NAPOLEON .

rance. II avait constammcnt dlude l’or-dre rdildrd de faire dcrire en lettresd’or sur les drapeaux , ces termes deJa proclamation du premier consul:Braves noirs, souvenez-vous que laFrance scule reconnaü votre liierte.

Lorsque l’amiral Gantheaume ap-pareilla de Brest au commencementde 1801, avec une division de troupessous les ordres du gdndral Sahuguet,il embarqua ä son bord un bon nom-bre de noirs et d’hommes de couleur ,de creoles destinds pour Saint-Domin-gue. Toussaint en parut vivement in-quiet; l’on sut que des lors il avait rd-solu de refuser l’entree aux troupesfrangaises , si elles dtaient au-dessusde deux mille hommes , etd’incendierle Cap si l’armee de Sahuguet elait as-sez forte pour qu’il ne püt pas ddfen-dre la ville; mais l’amiral Gantheaumedorina dans la Mediterrande, il dtaitdestind pour l’Egypte .

La Situation prospere oü se trou-voit la republique dans le courant de1801, apres la paix de Lundvillc, fai-sait dejä prdvoir le moment oü l’An-gleterre serait obligee de poser les ar-mes , et oü l’on serait maitre d'adopterun parli definitif sur Saint-Domingue .II s’en presenta alors deux aux mddi-tations du premier consul: le premier,de rcvdtir del’autoritd civile etmilitaircet du titre de gouverneur-general dela colonie, le gdueral Toussaint-Lou-verture ; de confier les commande-mens aux gendraux noirs; de conso-lider, de Idgaliser l’ordre de travaildtabli par Toussaint, qui, ddja, dtaitcouronne par d’heureux succes; d’obli-ger les fermiers noirs ä payer un eensou redevance aux anciens proprietaircsfrangais ; de conserver ä la mdtropolele commerce exclusifde toute la colo-nie , en fnisant surveiller les cöles parde nombreusescroisi&res. Le deuxiö-

me parti consistait ä reconquörir lacolonie par la force des armes, ä rap-peler en France tous les noirs quiavaient occupe des grndes supericursä celui de chef de bataillon, u' desar-mer les noirs en leur assurant la libertecivile, et en restituant les proprielesaux colons. Ces projets avaient chacundesavantages et des inconvöniens. Lesavantages du premier tdaient palpa-bles : la rdpublique aurait une armeede vingt-cinq a trente mille noirs quiferait trembler toute l’Amtürique; ceserait un nouvel eidment de puissancequi ne lui coüterait aucun sacrifice, nien hommes, ni en argent. Les anciensproprietaires perdraientsans doute lestrois quarts de leur fortune ; mais lecommerce frangais n’y perdrait rien,puisqu’il jouirait toujours du privilegeexclusif. Le deuxieme projet ötait plusavantageux aux proprietaires colons,ildtait plus conforme alajustice: maisil exigeait une guerre qui entraineraitlu perte de bcaucoup d’hommes etd’argent : les prdlcntions contrairesdes noirs, des hommes de couleur,des propridtaircs blancs, seraient tou-jours un objet dediscorde, d’embarraspour la mdtropole ; Saint-Domingue serait toujours sur un volcan: aussi lepremier consul inclinait pour le pre-mier parti, parce que c’dtait celui queparaissait lui conseiller la politique,celui qui donnerait le plus d’influenceä son pavillon dans l’Amdrique. Quene pouvait-il pas entreprendre avecune armde de vingt-cinq Ü trente millenoirs sur la Jamaique, les Antilles , leCanada , sur les Etats-Unis mdme, sur

lescoloniesespagnoles?Pouvait-onmet'tre en compcnsalion de si grands in-terdts politiques avec quelques millionsde plus ou de moins qui rentreraientcn France ? Mais un pareil projet avaitbesoin du concours des noirs; il fall®**