87C MKMÖIRKS DE NAPOI.EON.
Lorsque lts llusses s’empareront deConstantinopie, ils y conserveront au-tant de musulmans qu’ils voudront,en leur assurant leurs proprißtßs, ettolerant leur religion : les Mauresd’Espagne se soumirent ä lout, mßmeä 1’inquisiliou ; il fallut, pour les chas-ser, un ordre de Ferdinand et d’Isa-belle; tous les moyens indirectsavaientechoue.
C’est bien peu de cliosc qu’une armßeturque aujourd’hui : les Oltomans nese maintiendront ni dans l’Asie mi-neurc, ni dans la Syrie , ni dansl’Egyple, lorsque les Russes , maitresde laCrimee, du Phase, des bords delamer Caspienne , le seront aussi deConstantinopie.
Le palriotisme des pcuplcs, lapoli-tique des cours de l’Europe , n’ont cm-pßelie ni le partagc de la Pologne ni laspoliation de plusicurs natior.s; ilsn’empßcheront pas davantage la chutede rernpire oltoman. Ce fut a contre-ceeur que Marie-Therese entra dansla conjuration contre la Pologne , na-tion placeeäl’entree del’Europe , pourdefendre les irruptions des peuples dunord. On redoutait ü Vienne les in-convßniens attachös ä l’agrandisse-ment de la Russie ; on n’en eprouvapas moins une grande satisfadion äs’enricliir de plusieurs millions d’ämes,et ä voir entrer bien des millions dansle tresor. Aujourd’hui, comme alors,la maison d’Aulriche repugnera, maisconsenlira au partagc de la Turquie :eile trouvera doux d’accroitre ses vas-tes ßtats, de la Servie, de la Bosnie et des anciennesprovinces illyriennes,dont Vienne fut jadis la capitale. Queferonl l’Angleterre et la France ? Uned’elles prendra l’Egypte , faible com-pensationl... Un homme d’etal, du Pre-mier ordre disait: «Toutcs lesfoisquej apprends que des (lottes naviguant
sous la croix grecque, mouillent soll»les murs du serail, il me semble en-tendre le cri avant-coureur de la des-trudion de l’empire du croissant.»
L’Asie et l’Europe ont des circons-tances territoriales differentes. L eSdöserts qui ferment l’Asie de touscötes, sont habitßs par de nombreuse ?populations de barbares qui ßlevetdune grande quantitß de chevaux et dechamcaux. Les Scythes, les ArabeSiles Tartares sous les califcs, les Gef 1 'gis-Kan, les Tamerlnn, etc., sortire'dde ces immenses solitudes; ils inonde"rent, avec des millions de cavaliers, l ßSpiaines de la Perse, de l’Euphrate , d el’Asie mineure, de la Syrie , de l’E'gypte. Ces conqußtes furent rapidcStparce qu’elles furent entreprises pa fdes populations tont entieres, aguef'ries, accoulumßes ä la vie sobre etpdiible du dßsert. Mais l’Europc-habitöe du nord au midi, de l’orient 11l’occident, par des peuples civilis^S,n’est point cxposße ä de pareilles fd-volulions.
Toute guerre offensive cst un eguerre d’invasion ; toute guerre bid 1conduitc cst une guerre mdhodiqu e 'La guerre defensive n’exclut pas 1’aUtaque, de mßmc que la guerre offd 1 'sive n’exclut pas la defense, quoiq uCson but soit de forcer la frontiere ^d’envahir le pays ennemi. Les prif> cl 'pes de la guerre sont ceux quidirige les grands capilaines, do" 1l’histoire nous a fransmis les haa isfaits : Alexandre, Annibal, Cesaf’Gustave-Adolphe , Turcnnc, le prir* c0Eugene, Frederic-le-Grand .
Alexandre a fait liuit campagb^’pendant lesquelles il a conquis l’A s,eet une parlie des Indes ; Annibal en afait dix-sept, une en Espagne , qu |r,z0en Italic, une en Afrique ; Cesar Cl1fait treize, huitrorilre les Gaulois, d** 1