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Tome sixième.
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920
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920 . MEMOIRES DE NAPOLEON .

nement n’etait point populaire enFrance . II etait eu horreur aux souve-rains de l’Europe ; cette passion revo-lutionnaire de la Convention, cetteliaine des trönes les tenaient tous endchec et en haieine. L’Autriche ne de-sarma point, malgre la paixdeCampo-Formio, conquise par soixante-dix-sept victoires. Les lenteurs de la dielede Ralisbonne et du congres de Rastadt servirent utilement ses intentions se-cretes. Dejä eile se reprocliait d’avoirsign6 la paix. L’Anglelerre mit ä pro-fit tant de causes de möcontentement,pour former une nouvelle coalition;eile porta ses regards vers l’empereurPaul I er , le roi de Naples, le roi de Sar-daigne et le grand duc de Toscane ,pour replacer toute la Peninsule sousle joug de la maison d’Autriclie, dontla possession de Venise completeraitla dominalion.

§ II.

Avant le traite de Pilnitz, l’impera-trice Catherine avait paru tPmoignerde la röpugnance pour la revolutionfrancaise. Ce traite avait fait ä soninsu. C etait par la Prusse que lesPrinces arrivaient ä l’Angleterre. LaRussie etait donc peu intervenue dansles affaires de l’Europe ; mais, ä raisondes Polonais et des Turcs , eile etaitliee d’interfets avec l’Autriche , et eileentrelenait avec ce cabinet des rela-tions journalieres d’amitie. Catherineavait donnö ä la premiere coalitionl’esperance d’une Cooperation impo-sante ; Gustave III en avait pris l’en-gngementen son nom. Cependantellen’avait dispose de sa politique qu’avecparcimonie; eile s’etait contentee d’ou-vrir ses etats, et parlois ses trdsors, äl’emigration franpaise. Elle avait, il estvrai, offert solennellement, en 1793,

une epee au comte d’Artois, ct mis äsa disposilion une fregale pour le con-duire en Angleterre; eile avait mßmejoint quelques-uns de ses vaisseaux äla flotte anglaise ; mais pas un soldatrusse ne s’etait montre sur les bordsdu Rhin. L’Autriche seule, depuis laretraite des arinees prussiennes, avaitlutte contre la revolution franfaise.Catherine pensait en grand roi a sontraite de commerce et aux avanlagesqui pourraierit en resulter pour sespeuples, quand la fievre revolution-naire aurait fait place en France au*grands interßts de l’etat. Un autre mo-tif l’empßchait d’envoyer ses troupe 8au secours de Coblentz ; l’eclat et I®puissance que les victoires de Fredcricvenaient de donner ä la Prusse lui fai'saient regarder avec inquiötude de cecöU ;; eile ne voulait point degarnirse 8frontieres, surtout depuis que la Prusseavait saisi la premiere occasion de re'connaitre la republique. Les cabinet 8de Saint-Petersbourg et de Vienne consideraient alors avec raison cett epuissance comme amie nßcessaire d ela France et leur ennemie naturelle'Cependant Catherine ordonnaarmement considerable, ct ses flotte 8allaient montrer son pavillon dans l eSmers de France , quand la mort I®frappa ; ce fut un dangereux ennei®*de moins pour la republique. La p°' rtique de la Russie et de l’Autriche le urcommande imperieusement de ne J®'mais se perdre de vue; eiles avaie nadopte un Systeme d’alliance app® re,l ^ econtre la revolution; mais eiles surveillaient reciproquement leur prPpo nderance, et ne pensaient ä se ralfranchement que quand il y aurait pril pour chacune d’elles. La cessionRhin ä la republique, l’ascendant ^Directoire dans les negociationsl’empire, sa conduite en Hollande.