l’europe
voi 6tait par elle-mßme si monstrueu-se, qu’il 6tait prouve que le Directoireavaitpris son parti parrapportä l'in-Violabilite du gouvernement des treizecantons. La rüvolution qui suivit depres le depart de l’ambassadeur anglais 6tendit, a tous les marches et debou-ch<üs de la Suisse , les mesures prisescontre les marchandises anglaises. Lesproduits des manufactures nationales6taient loin d’ßtre arrives au degre depcrfection oü ils parvinrent depuis,quand Napoleon rendit aux Suisses leurlibertö politique, et s’en declara leprotecteur.
Le Directoire , non content d’avoiri'övolutionnö la Suisse , avait aussi re-Volulionne Rome ; mais l’Angleterre sesouciait peu de ces aventures du con-linent; c’etaient de faibles details pourSa politique. Elle faisait en grand leproces au Directoire . Elle avait sanscesse devant les yeux quatre grands°bjets: la journee du 18 fructidor quiavait retrempd la revolution, et faitrompre les Conferences de Lille ; letraitd de Campo-Formio, qui lui avaitenlevd l’Autriche ; la conquöte diplo-matique de celte belle limite du Rhin que Napoleon venait de consommer aRastadt; enfin, les preparatifs faitsdans les ports de France pour unegrande expedition, dont le but etaitde-robe ä ses regards inquiets. Cinq re-publiques avaient dte successivementcr6Ges par la conqußte. II lui fallaitfaire reprendre les armes au conti-hent.
Elle profita habilement de la mortde Catherine pour enröler son filsPaul I er dans sa haine. Ce prince, d’unCa ractere chevaleresque et naturelle-^ent port6 aux entreprises audacieu-Se s, lui parut un mobile puissant pourr ^vei|ler les passions endormies par* es victoires de la r6publique, et rani-
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mer la politique de la maison d’Autri-che; et ce fut un singulier spectacleque de voir un cabinet Protestant seservir d’un Tartare pour rasseoir lepape sur la chaire de saint Pierre.Une escadre anglaise etait stationneedans les mers de Naples , et protegeaitles intrigues de l’ambassadeur anglais pres de Ferdinand, en möme tempsqu’elle epiait les mouvemens de l’es-cadre de Toulon . Une fermentationsourde, dont l’explosion pouvait 6treprochaine,couvaitdans tous les grandsetats; eile dtait l’ouvrage de l’Angle-terre.
§ IV.
L’Italie etait plus que conquise : eileetait rövolutionnüe. Pendant tout letemps du commandement de Napo-leon, il avait protege autant qu’il avaitpu la liberle et la fortune des Italiens ,en chassant de l’arm6e cette nuee depirates civils dont le Directoire infec-tait tous les Services, eten imposant lamoderation aux commissaires du gou-vernement. Apres son döpart, le pil-lage recommenfa; et le nom frangais,purifie en Italie par la victoire et lajustice, redevint odieux. Cependantlesentiment de la liberte politique avaitgagne tous les petits etats dont l’Italie est couverte; et comme dans cettepeninsule il n’y a point de si petiteville qui n’ait le Souvenir d’une an-cienne independance, la doctrine del’epoque faisait fortune. Les princesetaient en fuite, ou en capitulationavec leurs peuples. Le respect pour lessouverains disparaissait insensiblementä mesure que s’elevaient les interötsde la multitude; la guerre etait decla-ree entre l’aristocratie et la ddmo-cratie. Partout la noblesse avait etevaincue; m6me les patriciens de l’fi-