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POEITIQUE I)ü UIKECTOlRE.
«nis par les republicains de Berne . Ilsetaient leurs serfs politiques, malgrela suptSriorite de leur civilisalion, la fer-tilite de leur sol, l’antiquite nobiliaireet laricliesse deplusieursfamilles. II yavait donc presque necessite de leurpart, independamment du droit natu-rel, ä chercher, dans le contact jour-nalier de leur pays avec la France , lesmoyens de rompre le joug de cetteinjustc scrvitude.
De leur cöte, les meneurs de Paris continuaient le proselytisme des revo-lutions avec ardeur; et ils couraient au-devant des conversions. Celle du paysde Vaud fut prise de loin. On deterra äLausanne un vieux traite avec CharlesIX , qui rendait ä perp6tuite le tröne deFrance garant de la liberte du peupleVaudois. Le Directoire , par respectpour Charles IX , notifia aux cantonsson Intervention en faveur de cet an-tique allie et ami du peuple frangais,son protecteur. II avait encore deuxniotifs pour se charger de la quereiledu pays de Vaud ; mais il n’en avouaitqu’un, c’etait le mauvais exemple quela tyrannie de Berne et son Oligarchiefeodale donnaientaux cantons gouver-nes par un rdgime democratique et auxröpubliques nouvellement etablies.L’autre motif etait au moins aussi in-fluent sur ses decisions: c’ßtaient lesmillions de Berne qu’il convoitait.
Ainsi il y avait de tout dans cetteaffaire: interßt general de la liberte,immoralite, politique, interöt prive.Il n’y avait point d’ambilion; jamaisgouvernement ne fut moins ambitieux,et le personnel du Directoire etaitr assurant ä cet egard. C’etaient lestrois vainqueurs de fructidor, le sto’i-( *en Uewbell, l’illuminö la ReveillereLepaux , le noble Barras; le poeteFrancois de Neufchdteau, et l’avocatBerlin . Celui-ci menait une vie de
cabinet; les autres ne cherchaient qu’ävivre de leurs revenus dans le capitoledu Luxembourg .
La revolution d’Helvetie excita con-tre le Directoire toutes les opinions del’Europe , en ce qu’elle renversa unvieux gouvernemcnt republicain, res-pecte möme des monarchies; mais bienplus encore parce que, pour soumet-tre ce pays, il fallut faire laguerre auxchaumieres. Il trouva ainsi le moyendehlesser les interöts populaires, dansune cause entreprise pour briser lesfers d’une des plus helles parties de laSuisse. 11 aurait eu pour lui la Suisse et l’Europe , s’il avait su respecter sonpropre drapeau en respectantla demo-cratie des pelits cantons. Un manifesteencrgique exprima leur indignation;ils etaient libres comme l’air de leursmontagnes; la demagogie de leur ad-ministralion etait plus convenable äleurs mccurs pastorales, que lc civismemetaphysiquc que les ba'ionnettesfrangaises voulaient leur imposer. LeDirectoire fut sourd aux voixpopulaireset sauvuges de ces vrais descendans deGuillauine Teil; il ordonna la guerrecontre des insenses qui osaient vouloircontinuer d’etre plus libres que desJacobins.
Le Directoire avait renie toute sainepolitique; il renia toute pudeur d’etat;il ne rougit point de faire proclamer,dans ses journaux, par ses ideologueset ses agens, l’intention de delruire enSuisse ce beau droit d’asile qui appar-tient ä toute nalion independante. 11voulait, disait-il, punir les cantons dela protection qu’ilsavaientaccordeeauxemigres, aux fructidorises, aux cons-lituans.
Peut-fttre Napoleon aurait-il fall lardvolution de Suisse , mais c’eüt et(jen negociant avec l’avoyer de Ber»e,de Steiger, vieillard de Tandemie ro-