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Tome sixième.
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POLITIQDB DD PIUECTOVUE,

devait aussi juger specialement le pro-ces des etats-generaux avec lestathou-der, quoique la Hollande fut le sou-verain, et le prince son delegue. Darisl’etat oü la France avait laisse se placerla question , il n’etait plus possible desonger ä decliner la mediation an-glaisc, saus rejeter egalement celle deVersailles et celle de Berlin .

Dansune Situation aussi compliqu6e,les etats s’aviserent d’un moyen queleur suggera leur prudence. Ce fut, aulieude recouriräla mediation publiquedes trois puissances, de traiter ä l’om-bre d’une mediation particuliere, äla-quelle on donnerait la force et le ca-ractdre d'un arbitre. Ce mediateur dtaitla France . Un citoyen distingu6 seraitenvoyß confidentiellement ä Versailles ,s’aböucherait, ä Paris , avec le comtede Goltz, ministre de Prusse; et ilsplaideraient leur cause devantle comtede Montmorin, ministre des affairesetrangeres. Le plenipoteritiaire hol-landais garderait le plus strict incogni-to pour ne pas eveiller les soupponsde l’Angleterre; il ne devait 6tre exte-rieurement ä Paris qu’en simple Voya-geur. Ses instruclions etaient d’aborddeproposer un armisliceentre les deuxparties; ensuite, ce point une fois ob-tenu, de conceder l’autorite stathoude-rienne ä la princesse. De celte maniereon eludait habilement rinterventionbritannique. Paulus, dorrt il a ete d^jäquestion, reunit tous les suffrages pourremplir cette mission delicate. Il etaitimpossible de confier de plus chersinleröts ä un meilieur citoyen, ä unhomme plus habile. Le ministere fran-Cais, cousulte sur ce plan, l’avait ap-prouvfj.

Mais comme cette nögociation de-vait prendre du lemps, et qu’il fitaitimportant que le stathouder n’cu pütpa» proüter pour recommencer avec

sueces de nouvelles attaques contreUtrecht, on s’adressa ä Versailles pourmettre cette ville en etat de defense:eile manquait d’ingenii’urs et d’artil-leurs; la France en envoya. La placefut mise sur unpied respectable, et lestroupes stathouderiennes ne tarderentpas, des la premrere attaquc, ä s’aper-cevoir que la gnrnison avait repu unpuissant renfort. En meme temps quela cour de Versailles accordait des ca-nonniers et des ingenieurs aux patrio-tes d’Utrecbt, eile demanda que lesetats de Hollande donnassent, par unelettre convenable adress£e ä la priu-cesse, un motif ä la Prusse de suspen-dre ses operatiorrs militaires. L’ideede cette demarche fut loin d’ötre ac-cueillie par les patriotes; ils virent unehumiliation positive, et un salut dou-teux. La Prusse s’en contenterait-elle?et, darrs le cas contraire, la France armerait-elle pour soutenir ses Con-seils? Cette proposition fut prise adreferendum, par les etats de Hollande .A Amsterdam * eile fut violemment re-jetee , remise enfin en deliberationdans l’assemblee generale; eile fut ad-mise ä la majorite de dix contre qualre.Quatre villes et l’ordre equestre refu-serent de voter. La lettre fut doncecrite ä la princesse dans le sens quiavait ete indiquö par le ministere deFrance . Mais tout etait devenu fatalaux patriotes: le 8 septembre 1787,cette resolution avait 6t6 prise, la lettreecrite, envoyee ä la princesse, copieremise ä M. de Thulemeyer pour 6treexpediee ä sa cour ; et, le lendemain9, ce ministre reput de Berlin , et trans-mit au conseil de Hollande une notepar laquelle le roi son maitre signifiaitses dernieres intenlions, qui aneantis-saient toute espörance d’une concilia-tion quelconque. Le roifixaitaux 6tatsun terrae de quatre jours pour faire