propre faiblesse; il avait besoin pourexister de l’etat de guerre, comme unautre gouvernement a besoin de l’dtatde paix. Ses exigences l’avaient faitrompre, ä Lille , avec l’Angleterre; eilesne sortaient pas de la negociation.Comme ses conditions demamlecs äRome el Leoben et obtenues a Campo-Formio, elles imposaient la loi gratui-tement ä un ennemi libre que l’onne pouvait attaquer. A llastadt, ce futla mdme chose; et l’intention ne I'utdouteuse pour personne, quand ony vit arriver les deux ndgociateursqui avaient rompu ä Lille . Les rd-volulions de Rome et de l’Helvdtie,par la force des armes, au milieu de lanegociation presque europeenne deRastadt , proclamerent hautement lepenchant du directoirepour la guerre.
11 craignait le retour des armees; ilprofitait, et il dtait jaloux de la gloiredes generaux; il cherchait ä les desunirentre eux; il ne les laissait pointvieillir dans les commandemens; il lesdestituait sous le moindre prdtexle,et surtout aprds de grands sueces.Ainsi il avait rappele Championnet,apres la conqudte de Naples . Joubert,excellent gdneral, avait trouve sa des-titulion ä Turin , oü il venait de rendreaux rdpublicains le Service de detrönerun roi; et c’est a cette circonstance,plus peut dtre qu’ä ses talens, que cegeneral dut qu’un parli, pendant l’cx-pedition d’£gypte, jela lesyeux sur lui,pour qu’il parvint a se faire un grandnom en l lalie, et qu’il püt, a son re-tour, dicter la loi au Luxembourg .
L’expedition d’Egyple fut bien plusle resuitat de la crainte que le Pirec-toire avait de Napoleon , que celuid’une politique grande, glorieuse etdigne de la nation. Tout ce qui venaitd’honorer la republique dtait du augeneral de l'armce d’Italie , Le Pitec-
toire n’avait point d'amis; et Napoldoneut tout de suite des courtisans; il avaitaussi des enlhousiastes. Les eitoyensetles soldats le regardaient dejä, les unscomme un liberateur futur, les autrescomme leur chef naturel. Les jacobinss’y tromperent, ils le prirent pour unMahomet de la liberte. Enfin tout lcmonde avait les yeux sur lui, en France et en Europe . Aussi le Directoire nc leperdit pas de vue, et ä force de le rc-garder, il le faisait regarder ä tous.Napoleon s’amusait de ces inquietudes,en portant son habit de savant et vi-vant avec ses collegues de lTnstitut.
Par le möme Systeme de Jalousieque ce gouvernement entretenait en-tre les generaux, et qu’il portait ä cha-cun d'eux, il avait profite de la lettreoü Moreau avait denonce son ami Pi-chegru, pour le deconsiderer dansl’armüe, afin qu’il n’y eüt, dans la re-publique, aucune superioritö rivale dela sienne. Il n’avait pris des Grecs quel’ostracisme, et au moindre pöril i'promenait les destitutions sur l’ad-ministration intdrieure, comme surles armdes.
Au 18 fructidor, aux dlections del’an vi, et aux eliminations sur lui'mdme ä ces deux epoques, aux dlec-tions de l’an VInotamment, le P>"rectoire ne fit preuve que d’unc i"'quidte et aveugle partialite. 11 etait debon goüt alors et de bonne Justiz 0d’dtre du parti des viclimes; car l eSroyalistes ne furent alors frappds qu’e [1minorite. Quand le Directoire a vail:eu peur des royalistes, il avait f illl:ouvrir, ä Paris , un grand club dejacobins; il le fit fermer apres le ^fructidor. Mais, afin d’entretenir euFrance une sorle d’dmotion pop 11 'laire, il laissait former dans les depar-temens des assemblees de mdme geil-te : de sorte qu’apres avoir olariu