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se fit jour au travers des autres, etparvint ä Machecoul, oü l’attendait unplus grand peril. Le voyant revenirsans troupes, les habitans l’accuserentde lächete, et voulaient le füsilier; ildut ä la protection de quelques amisles moyens de se derober ä l’honneurd’un commandement aussi dangereux,et se sauva dans l’ile Bouin: ainsi, desdeux cötes, le fanatisme revolution-naire produisait les mßmes effets, eton voulait tuer les generaux qui s’e-taient laisse battre. ltien ne prouveinieux l’insurmontable aversion quese portaient les patriotes et les royalis-tes. Leurs chefs etaient obliges devaincre pour ne pas passer pour destraitres et des Idches. Cette doctrinemenait naturellement äl’assassinat desprisonniers, ä la destruction des popu-lations contraires.
Les sanguinaires executions de Jou-cher continuaient ä Machecoul, et larage vendeenne s’accrut encore par ladefaite de Pornic . Mais la fuite de 1-aBoche Saint-Andre laissait l’armee deMachecoul sans general; et ce futalorsque les insurges offrirent le com-mandement ä un lieutenant de vais-seau, nomme Charette, qui habitait ädeux lieues de Machecoul. 11 refusad’abord ; ses refus irriterent ces hom-mes violens, qui le menacerent de letuer, s’il n’acceptait pas. «J’accepte,» leur dit-il; mais je ferai füsilier ceux» qui ne m’obeiront pas. »
II aurait du commencer par le fero-ce Joucher, qui exerfait ä Machccoulla dictature de la mort, et qui avaitmalheureusement beaucoup de parti-sans parmi les chefs de cette armee.Quoique Charette, qui etait hommedecceur, desavouüt les executions ordon-n6es par Joucher, tant sur les patriotesque sur les prisonniers, il n’osa jamaisen faire justice; et c’est une tache
dans sa vie. On a du croire alors, etecrire ce qu’on a cru et dit tant de fois,que Charette etait loin d’etre etran-ger au quatre massacres dont Mache-coul a ete le tb^ätre, puisqu’il com-mandait en chef tout le pays et l’ar-mee. Il s’en est faiblement justifiö, enal!6guant que Joucher profitait del’absence de son general pour se livrerä ses operations sanguinaires. Ainsi ondit, et avec raison, que le premie rmassacre, qui eut lieu sous le com-mandernent de La Roche Saint-Andrö,ne peut 6tre reproche ä Charette.Mais on n’est pas aussi bien fondö äbeaucoup pres quand on avance qu’onne peut lui reprocher le second mas-sacre qui eut lieu pendant qu’il atta-uuait Pornic ; le troisiemc, pendant lelemps qu’il alla passer dans sa terre ädeux lieues de Machecoul, et le qua-trieme, enfin, pendant qu’il marchadsur Challans . Il est aumoins permis decroire qu’il profitait de cette barbarie,s ; il ne l’ordonnait pas. Que pensefd’un general qui se laisse dire par leSinsurges qui avaient pris Machecoul ' apremiere fois: « C’est nous qui avons» pris la ville, eile est ä nous; nous 1» sommes les maitres: pour vous, aH e2» commander votre armee, et ne von®» mßlez pas de ce qui nous regarde? 911 fallait que Charette füt bien peu su rde ses troupes, pour supporter un P a 'reil affront: il le souflrit, et c’est p° urcela aussi qu’on est rest6 peu d'accofdsur ses senlimens relativement ä c eSmassacres. Et cependant il che'Vchai^ä s’y opposer, mais d’une manier esingulierepour un chef qu’on ötait ve 'nu chercher chez lui, et qui, par ce \ aseul, avait bien le droit de faire la l 01 ’comme il l’avait dit lui-möme. ^ ulest certain, c’est qu’il voulut ertip^ ierqu’on egorgeät les prisonniers,Joucher faisait executer la nuit, malg r