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Tome sixième.
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1016 MEMOIKES DE NAPOLEON .

11 n’y a que le patriolisme qui puisserepousser l’invasion etrangere, et lesVendecns etaicnt des etrangers pourles braves Normands de Yille-Dieu.Laroche-Jacquelcin se porta sur Pon-torson, dont il s’empara apres un com-bat assez opiniätre ; ses soldats criaientqu’ils voulaient retourner dans leursl'oyers : comme dans les petites repu-bliques, la voix du peuple l’emporta.L’armee vendeenne etaitune veritablerepublique d’anarcliistes, sur la tötedcsquels sc plagait ä fonds perdu l’am-bition de ses chefs. L’armee sc mit enmouvement sur Angers , parce que lesoldat voulut y retourner. Cependantla temerite revint ä ces hommes in-disciplines, pour renverser tous lesobstacles qui s’opposeraient ä leur re-tour dans leurs foyers; partout ils bat-lirent et vainquirent le gßneral Ros-signol, dont les mauvaises dispositionsassuraient, il est vrai, leur succes : ilavait cependant quarante mille hom-mes sous ses ordres ; avec urie forceaussi imposante, dans les rangs de la-quelle combattaient Kleber et Mar-ceau, il pouvait aneantir l’armee deLaroche-Jacquelein, surtout apres l’e-chec qu’elle venait d’eprouver ä Gran-ville et ä Ville-Dieu. La bataille livreesous Dol, le 21 novembre, coüta ä laFrance plus de trente mille hommes.llossignol se retira sur Rennes .

Dans le conseil vendeen on opinaunanimementpour tucr les prisonniersde cettc journee; mais cette ferocitetrouva un puissant adversaire dans uneure qui avait contribue ä la victoirepar le fanatisme temeraire avec lequelil s’etait precipitß ä (a töte des colon-nes d’attaque, et les Franpais ne fu-rent point egorges ce jour-lä par desFranfais, aucri de victoire. L’ange dumeurtre s’etcndait cette epoque surln nanlheureuse France ; les prison •

niers, les soldats sans defense ßtaientmassacres au nom de la liberl<5, et aunom de Dieu et du Roi.

La Republique n’avait point de rai-son de se decourager de ses revers,dans cette guerre malhcureuse : eile s’en rclcvait facilement et promp-tement, par l’impossibilitß oü se trou-vaient les chefs vendeens de profiterde leur victoire, si leurs projets n’e-taient pas d’accord avec la volonte deleurs soldats ; et c’est ce qui arrivaapres cette bataille, comme cela avaiteu lieu apres l’altaque malheurcusede Granville . Dans le conscit on elevadeux avis tres militaires: I’un de mar-cher sur Rennes , ä la poursuite del’armee republicaine, pour s’cmparerde Nantes et s’etablir dans cette riebepartic de la Bretagne ; l’autre de rc-prendre le projet de Granville , quoi-que la garnison cn cütete augmcnlce,et de donner la main aux Anglais . Lespaysans criörcnt de nouveau ä la tra-hison et manifesterent si haulementla volonte de conlinuer leur mar-che sur Angers , qu’il fallut encorccettc fois sacrifier ä leur vocu les vraisinterßts de la cause vendeenne. LaRepublique dut ä cettc detcrminationle temps le reorganiser son armec.Les Yendeens traverserent en con-querans les villes de Fougßres, Ernec,Mayence, Laval , des Sables et de laFleche ; et, le 5 decembre, ils se prß'senterent devant les murs d’Angers 1mais lä finit leur enthousiasme. Cettcville n’est fermee que par unc vicificcnccinte ; eile n’avait pour garnisonque quelques bataillons des brigadesBoucret et Danican. Larochc-Jacque-'lein, entraine par son elan ordinaire,ordonna l’assaut ; la garnison se dc-fendit vaillamment, etdonna Ic tempsd’arriver aux secours que lui envoyale gßnßral Hossignol, A la vtie des co