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Tome sixième.
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1020 M EM01 RES 1)B NAPOLEON.

Cependant Laroche-Jacquelein etaitparvenu ä reformer une espece d’ar-mee, ä la töte de laquellc ii sc remiten Campagne. Plusieurs fois il echappnau genöral Thurreau, batti t ses divisiousisolees, et le k mars, aupres du villagedeNouaille, il remporta un avantageassez important; mais en poursuivantsa victoire, il fut tue par un grenadier,qui, appuye a un buisson, se defendaitcomme un lion contre des cavaliersqui l’entouraient. Laroche-Jacqueleins’elanga, malgre ses officiers, pourobliger ce brave ä se rendre prison-nier; le grenadier tenait alors en joueun cavalier qui le serrait de plus pres;mais, quand il entenditnommer le ge-neralissime, certain qu’il etait de sapropre perte, il pröföra, en mourant,immoler a la republique une victimeplus importante ; il dötourna son armeet tua Laroche-Jacquelein avecle plusgrand sang-froid : bientöt apres il tom-ba percö de mille coups. Lcs Vendeenscreuserent une fosse etles y ptacerenttous les deux. Les chefs blAmerent laconduite des paysans, qui avaient ren-du une ögale justice ä deux braves.L’orgueil des officiers pouvait-il balan-cer l’oubli que les soldats venaient defaire de leur haine pour les bleus, enconfondant dans la möme tombe le chefqu’ils avaient le plus aime et l’ennemiqui venait de le leur enlever ? Laroche-Jacquelein n’avait que vingt-un ans;qui sait ce qu’il fut devenu?

Stofflet fut nomme genöralissime; ildetestait les nobles par jalousie, et sagrossierete le faisait detester par eux ;mais ils n’avaient pas d’homme pluscapable, et sa naissance lui donnait unascendant sur les paysans ses sembla-bles. La revolution avait touche justeen proclamant l’ögalite. Les armeesvendöennes ötaient elles-mömes domi-nöes par ce grand principe, qui venait

d’envahir la France et contre lequeldies se battaient chaque jour. Ce futalors que parut sur la scene l’abbeBernier, eure de Saint-Laud d’Angers .Ce prötre attendait une occasion favo-rablc pour gouverner la guerre civile;il s’empara facilement de l’esprit deStofilet, et, ainsi que son disciple dontil allait faire son instrument, sanss’en-gager ä partager ses pörils; il donnapeu de regrets a Laroche-Jacquelein.Il se mit a l’oeuvre de suite, en compo-sant une belle proclamation pour Stof-flet . Cclui-ci, jaloux degagnerpar uneaction d’eclat son grade de genöralissi-me, se porta avec quatre mille hommessur Chollet, oü le general Moulins setrouvait avecciriq mille hommes. L’at-taque reussit completement; le generalMoulins, forcö d’evacuer le poste qu’ilötait Charge de defendre, se brdla lacervelle de desespoir. Le triomphe desYendöens fut de courte duree ; le len-demain la division Cordellier rentradans Chollet. Stofflet voulut essayer desurprendre dans sa relraite Beaupreau,mais il echoua. Marigny, qui avaiteommande pendant quelque temps enchef, profita de cette occasion pour tö-moignerson meconlentement.il qaittal’armee, emmenant avec lui bori nom-bre d’offlciers et de paysans qui prirentle parti de son ambition, et il forma uncorps independant dans l’arrondisse-ment de Bressuire ; peu apres il tentade se saisir du chäteau de Clisson d eLaroche-Jacquelein. Les röpublicainsle defendirent avec opiniAtrete ; naa' sils durent ceder au nombre, et perdi'rent beaucoup de monde dans leur rc-traite.Ce succös attira souslesdrapeauxde Marigny les möcontens des armeesde Stofflet , de Sapineau et de Charette,ainsi renforcö, il marcha surMortagne,que l’armee röpublicaine evacua, dansla nuit du 23 mars, aprös avoirsoutenö